Cette tartelette à l'aubergine a valu, entre autres « plats aux saveurs justes », deux étoiles au restaurant Pineapple & Pearls du chef Aaron Silverman. Olivier Douliery/AFP
Le guide Michelin a décerné, jeudi, sa première moisson d'étoiles à Washington, saluant la « gastronomie unique » d'une capitale américaine marquée par la diversité des influences et son rapport au riche terroir de la côte Est, mais sans adjuger la reconnaissance suprême. Trois chefs décrochent deux étoiles et neuf restaurants sont décorés d'une étoile dans la première édition du guide rouge Washington 2017. Aucune table n'a reçu trois étoiles.
Le chef espagnol José Andrés a reçu deux étoiles pour son Minibar, restaurant de seulement 12 places. Washingtonien d'adoption depuis les années 1990, José Andrés (47 ans) a fait ses classes sous les ordres du chef catalan Ferran Adria, avant de devenir une figure de la capitale américaine avec une dizaine de restaurants aux influences espagnoles mêlées de saveurs latino-américaines et asiatiques. L'addition grimpe facilement à 400 dollars par personne chez Minibar, pour une « cuisine particulièrement avant-gardiste » aux « plats fantaisistes et ludiques », selon Michelin.
Autre restaurant décoré de deux étoiles : un tout nouveau venu, Pineapple & Pearls, ouvert en avril par Aaron Silverman (34 ans). Délicat bonbon de fenouil et absinthe, tartelette à l'aubergine décorée de fines fleurs colorées, ses « plats aux saveurs justes reflètent un large éventail d'influences » dans un menu dégustation à 250 dollars, note le guide. Ce jeune chef, originaire du Maryland, reçoit aussi une étoile pour son premier restaurant Rose's Luxury, aux prix plus abordables, avec notamment une salade de lychees et saucisse de porc relevée au piment habanero (14 dollars).
Dans un cadre champêtre en Virginie, à plus d'une heure et demie de Washington, est installé The Inn at Little Washington, qui décroche aussi deux étoiles pour « la cuisine classique française et éclectique » de son chef Patrick O'Connell (71 ans). Le restaurant n'est pas à Washington, mais le guide, qui a décidé de se centrer pour sa première édition sur la capitale en ignorant les banlieues, a toutefois choisi de l'inclure, car « Patrick O'Connell a formé une génération de chefs plus jeunes, c'est une icône », explique Michael Ellis, directeur international des guides Michelin. Longtemps affublée d'une réputation de ville à la gastronomie ennuyeuse, Washington est désormais engagée dans un « cercle vertueux », selon ce dernier.
Au total, 107 restaurants, dont 19 « Bib gourmands » qui offrent des plats à prix modérés, forment le nouveau guide sur Washington. Afghan, éthiopien... plus de 33 styles de cuisine y sont représentés. S'il se réjouit de l'arrivée du guide Michelin, Tom Sietsema, critique gastronomique du Washington Post, se dit toutefois surpris de certaines absences, comme Rasika, « le meilleur restaurant de cuisine moderne indienne du pays », et de celle du chef Johnny Monis, qui tient le restaurant grec Komi et le thaï Little Serow. L'absence de trois étoiles le choque aussi. Minibar les méritait amplement, selon Tom Sietsema, pour qui dîner là-bas « devient presque un petit voyage magique en tapis volant ».
(Source : AFP)

