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Moyen Orient et Monde - Distinction

Réactions contrastées en Colombie après le Nobel de la paix à Santos

La récompense – un diplôme, une médaille d'or et un chèque d'environ 830 000 euros – sera remise le 10 décembre à Oslo au président colombien.

Le Nobel de la paix Juan Manuel Santos (à gauche) et le chef des Farc Timoleon Jiménez, alias Timochenko, le 26 septembre 2016, à Carthagène, en Colombie. John Vizcaino/Reuters

Le président colombien Juan Manuel Santos a remporté hier le Nobel de la paix pour avoir enterré la hache de guerre avec les Farc en signant un accord historique. Le choix du comité Nobel a déjoué les pronostics des experts en semblant passer outre la volonté populaire, mais aussi en ne récompensant qu'un seul des protagonistes du processus du paix, contrairement à de nombreux prix antérieurs. Le président Santos et le chef de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Timoleon Jiménez, alias Timochenko, ont signé le 26 septembre un accord pour clore le conflit le plus vieux d'Amérique latine qui a fait plus de 260 000 morts en 52 ans. Mais à la surprise générale, le peuple colombien a rejeté l'accord par référendum à une très courte majorité (50,2 %) dimanche, obligeant les deux parties à reprendre les pourparlers. Hier, leurs négociateurs se sont engagés dans un communiqué commun à maintenir un cessez-le-feu « bilatéral et définitif » et à procéder à des « ajustements » pour rendre l'accord acceptable aux yeux du plus grand nombre.
En apportant tout le poids symbolique du Nobel, le comité dit vouloir contribuer à relancer les efforts de paix. « Il y a un vrai danger que le processus de paix s'interrompe et que la guerre civile reprenne, a mis en garde la présidente du comité norvégien, Kaci Kullmann Five. Nous espérons que cela encouragera toutes les bonnes initiatives et tous les acteurs qui pourraient jouer un rôle décisif dans le processus de paix et apporter enfin la paix à la Colombie après des décennies de guerre. »
Seul récompensé, M. Santos a dit accepter le prix « au nom de tous les Colombiens, en particulier les millions de victimes qu'a faites ce conflit ». « Nous sommes très, très proches de parvenir à la paix, a-t-il déclaré. Cela va être un grand encouragement pour y arriver et pour commencer à construire la paix en Colombie. » Cosignataires de l'accord mais privées des honneurs, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont « félicité » le lauréat. « Le seul prix auquel nous aspirons est celui de la paix avec la justice sociale pour une Colombie sans paramilitaires, sans représailles ni mensonges », a tweeté Timoleon Jiménez.

« La paix de haut en bas »
Dans sa motivation, le comité Nobel a tenu à préciser que « la récompense doit être aussi vue comme un hommage (...) à toutes les parties qui ont contribué au processus de paix ». Tout en se félicitant de la distinction de M. Santos, l'ancienne otage des Farc Ingrid Betancourt a estimé que les guérilleros auraient dû partager ce Nobel. « Un prix aux Farc aurait probablement été mal perçu par ceux qui sont sceptiques à l'égard de l'accord de paix », a analysé le directeur de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo (Prio), Kristian Berg Harpviken. « C'est aussi une question de principe : les Farc sont perçues comme une guérilla qui a beaucoup de violences sur la conscience », a-t-il déclaré. En Colombie, les réactions étaient contrastées. « Santos ne le mérite pas parce qu'il a fait les choses de travers. Il a d'abord fait la paix de haut en bas. Il n'a pas commencé par la base. La paix doit venir des campagnes, des personnes déplacées », a commenté Rodolfo Oviedo, un fermier chassé de sa propriété par les Farc en 2004. « Ce prix est la meilleure chose qui pouvait nous arriver », a au contraire affirmé Alvaro Castaneda, un photographe de 62 ans.
Le comité Nobel avait par avance tenté de désamorcer les reproches l'accusant d'aller à contre-courant de la volonté populaire. « Le fait qu'une majorité des votants ait dit non à l'accord de paix ne signifie pas nécessairement que le processus de paix est mort. Le référendum n'était pas un vote pour ou contre la paix », a souligné Mme Kullmann Five. Chef de file des opposants à l'accord, l'ex-président Alvaro Uribe a félicité son successeur et dit espérer que le Nobel permette de « changer des accords nuisibles à la démocratie ».
La chef du gouvernement norvégien, Erna Solberg, dont le pays est avec Cuba garant du processus de paix en Colombie, a dit espérer que le Nobel « contribue à inspirer les futurs pourparlers de paix ». Ce processus est « allé trop loin pour reculer maintenant », a réagi le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon.
Le prix Nobel – un diplôme, une médaille d'or et un chèque d'environ 830 000 euros – sera remis le 10 décembre à Oslo.

(Source : AFP)

Le président colombien Juan Manuel Santos a remporté hier le Nobel de la paix pour avoir enterré la hache de guerre avec les Farc en signant un accord historique. Le choix du comité Nobel a déjoué les pronostics des experts en semblant passer outre la volonté populaire, mais aussi en ne récompensant qu'un seul des protagonistes du processus du paix, contrairement à de nombreux prix antérieurs. Le président Santos et le chef de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Timoleon Jiménez, alias Timochenko, ont signé le 26 septembre un accord pour clore le conflit le plus vieux d'Amérique latine qui a fait plus de 260 000 morts en 52 ans. Mais à la surprise générale, le peuple colombien a rejeté l'accord par référendum à une très courte majorité (50,2 %) dimanche, obligeant les...
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