Naïm Kassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah.
Les soirées de commémoration de Achoura organisées par le Hezbollah sont l'occasion pour les principaux cadres de cette formation de prononcer des discours à caractère religieux, mais lors desquels ils font aussi le point sur la situation. Le numéro deux du parti, cheikh Naïm Kassem, a ainsi évoqué la crise syrienne, déclarant que les combattants du parti chiite resteront en Syrie tant qu'il le faudra. Selon le cheikh Kassem, la crise en Syrie n'était pas destinée à rester limitée à ce pays. Il s'agissait d'un plan visant à créer des crises dans toute la région pour que tous les pays soient affaiblis et ne puissent plus qu'exécuter les volontés américaines et israéliennes.
Naïm Kassem a estimé que le plan américano-israélien « prévoyait de détruire la Syrie pour y changer le régime, qui se tenait aux côtés de la Résistance ». Le projet devait, selon lui, remplacer ce régime par un autre à la solde des États-Unis et d'Israël, et à travers la Syrie, encercler ainsi le Liban, qui se retrouvera coincé entre deux régimes, l'un hostile, l'autre ennemi. En même temps, les pressions augmenteraient sur l'Irak et l'Iran pour qu'Israël soit l'entité la plus forte. « C'est cela le but ultime de la guerre qui a éclaté en Syrie », a déclaré le cheikh Kassem, qui a ajouté que c'est pour cette raison que le Hezbollah a envoyé ses combattants sur place, pour aider l'armée syrienne et les forces qui combattent à ses côtés, dans le but de mettre en échec le plan américano-israélien.
Le responsable chiite a insisté sur le fait que le Hezbollah continuera à participer aux combats en Syrie, même si cela entraîne des pertes humaines. En fait, selon lui, le prix payé en participant aux combats « reste inférieur à celui qu'aurait coûté la réussite du plan américano-israélien, ou encore la présence des combattants takfiristes dans le Qalamoun et à Qousseir, car cela leur aurait permis de s'étendre vers le Liban, d'y créer un émirat et d'envoyer dans le reste des régions des voitures piégées ».
Le cheikh Kassem a aussi affirmé que le Hezbollah n'envoie pas ses combattants en Syrie par amour de la guerre, ni pour se battre à la place des Syriens. « Nos combattants se sont rendus en Syrie, a-t-il dit, pour défendre notre dignité et pour la survie d'une résistance forte, face à l'ennemi israélien et takfiriste. »
Il a toutefois ajouté que la solution en Syrie est politique, car au final, nul ne peut modifier militairement l'équation dans son ensemble. Selon lui, les États-Unis affirment vouloir une solution politique, « mais ils ne sont pas sincères, et tant qu'ils ne veulent pas de solution véritable, nous n'avons pas d'autre choix que de poursuivre le combat ».
Le secrétaire général adjoint du Hezbollah a aussi évoqué la crise des déplacés syriens, assurant que le Liban devrait former une commission ministérielle chargée de discuter avec le gouvernement syrien de la possibilité du retour d'une partie des déplacés dans des zones à l'abri des combats. Il a dénoncé à ce sujet ceux qui, au Liban et ailleurs, refusent cette éventualité pour ne pas donner, selon eux, une carte au régime syrien, sans tenir compte du drame et des menaces que représente la présence d'un si grand nombre de déplacés syriens au Liban.
Même son de cloche chez le chef du bloc parlementaire de la Résistance, Mohammad Raad, qui, également dans un discours à l'occasion de Achoura, a estimé que les « takfiristes et les Israéliens sont les deux faces d'une même monnaie terroriste ». M. Raad a précisé que la Résistance se renforce alors que l'ennemi israélien s'affaiblit. Il a ainsi expliqué que les combattants du Hezbollah acquièrent une plus grande expérience militaire à travers la participation aux combats en Syrie. Selon lui, les Israéliens le savent, et c'est ce qui les rend plus inquiets. Il a aussi estimé que les États-Unis cherchent à manœuvrer en Syrie, demandant un cessez-le-feu pour permettre aux combattants takfiristes de se ressaisir et ignorant les assauts qu'ils mènent en période de trêve... Pour Mohammad Raad, le jeu est désormais découvert, les États-Unis ne se souciant au final que de leurs propres intérêts, sans la moindre compassion pour les morts qui tombent chaque jour.


Discours contradictoire une fois il glorifie le congrès US pour JASTA et un autre fois il le descende ... on comprend plus rien !!
18 h 56, le 07 octobre 2016