Des secouristes venant en aide à des blessés après des bombardements sur le quartier rebelle de Hellok, hier, à Alep. Thaer Mohammad/AFP
Plus d'une semaine après avoir annoncé une large offensive pour reconquérir la partie rebelle, l'armée syrienne progressait hier dans le nord et le centre d'Alep, grignotant le territoire rebelle, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et les médias officiels. L'objectif du régime est de conquérir la totalité d'Alep divisée depuis 2012 en secteur gouvernemental dans l'ouest et quartiers rebelles dans l'est, qui sont assiégés depuis deux mois. Le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane a affirmé que « les forces du régime ont occupé hier matin l'ancien hôpital Kindi, après avoir repris jeudi aux rebelles l'ancien camp de réfugiés palestiniens de Handarat », avec le soutien de l'aviation russe. Ce gain territorial permettrait d'après lui au régime de menacer Hellok et Haydariyé, deux quartiers rebelles du nord-est d'Alep. « Grâce à cette stratégie de grignotage, le régime veut atteindre le cœur des quartiers rebelles », dit M. Abdel Rahmane. Selon l'OSDH, au moins 15 personnes, dont deux enfants, ont été tuées hier par des frappes sur Hellok et d'autres quartiers rebelles d'Alep.
Dans le centre de la ville, des combats faisaient rage à Souleimane el-Halabi, situé sur la ligne de démarcation, l'armée tentant de capturer la partie rebelle de ce quartier divisé et d'avancer vers la station de pompage d'eau qui alimente notamment la partie gouvernementale. D'après l'agence officielle Sana, 15 civils ont été tués et 40 autres ont été blessés hier par des roquettes tirées par les rebelles sur la partie gouvernementale de Souleimane al-Halabi et Midane, un quartier adjacent.
Le correspondant de l'AFP dans l'est d'Alep a constaté que les frappes aériennes étaient concentrées désormais sur les zones de combats, et non plus sur tous les quartiers résidentiels, comme cela était le cas durant la dernière semaine de bombardements. « Les services de soins intensifs sont pleins. Les patients doivent attendre que d'autres meurent pour espérer y obtenir un lit », déplore Dr Abou Wassim qui dirige une structure médicale soutenue par MSF dans l'est d'Alep. Et les enfants d'Alep n'ont nulle part où se réfugier, pas même dans les écoles souterraines censées les protéger des bombardements en raison de l'utilisation de « bombes antibunker », a dénoncé pour sa part l'ONG Save the Children.
Depuis le début de l'offensive de l'armée à Alep-Est le 22 septembre, 216 personnes, dont plus de 40 enfants, sont mortes dans des raids, selon l'OSDH.
« Bain de sang »
Sur un autre front, des raids ont causé la mort de 17 personnes, dont 8 enfants, dans une région rebelle à l'est de Damas, selon l'OSDH.
Moscou a accusé hier Washington de « protéger » les jihadistes du Front Fateh al-Cham (l'ex-branche syrienne d'el-Qaëda). Dans une interview à la chaîne britannique BBC World News, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé que Washington n'était « pas capable » ou n'avait « pas le désir » de pousser l'opposition armée dite modérée à se désolidariser de ce groupe jihadiste.M. Lavrov a par ailleurs dit hier au secrétaire d'État américain John Kerry que la Russie était disposée à continuer à travailler avec les États-Unis en vue d'une solution au conflit syrien et à examiner de nouvelles pistes pour « normaliser » la situation à Alep alors que Washington se dit près de renoncer aux négociations. Le ministre russe des Affaires étrangères s'est entretenu au téléphone avec le secrétaire d'État américain, qui a jugé jeudi « absurde » de poursuivre les négociations avec Moscou alors que son aviation bombarde « aveuglément » les quartiers insurgés d'Alep. « La Russie réaffirme sa volonté de continuer à chercher des solutions supplémentaires, ensemble avec ses partenaires américains, sur la normalisation de la situation à Alep », indique un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.
(Source : AFP)

