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Liban - Conférence

La conformité au pacte national débattue au Centre catholique d’information

De gauche à droite, Salah Salam, Ibrahim Chamseddine, Boulos Matar, Ziyad Baroud et Abdo Bou Kasm.

Une conférence-débat autour d'un grand sujet d'actualité, le concept de conformité au pacte national, si cher ces jours-ci au Courant patriotique libre, a été organisée hier au Centre catholique d'information, à l'initiative du comité épiscopal des médias. Sans mentionner nommément le CPL, les orateurs successifs ont développé une lecture très critique des vues de la formation aouniste.
L'archevêque maronite de Beyrouth et chef du comité épiscopal des médias, Mgr Boulos Matar, le directeur du Centre catholique d'information, le P. Abdo Bou Kasm, l'ancien ministre Ziyad Baroud, le président de la Fondation de l'imam Chamseddine et ancien ministre Ibrahim Chamseddine, le rédacteur en chef du journal al-Liwa Salah Salam, ont tenté chacun de répondre à la question « Que signifie la conformité au pacte national ? ».
« Nous sommes tous d'accord sur le fait que le Liban moderne, historique et futur, repose sur l'alliance entre chrétiens et musulmans, et sur le vivre-ensemble en dignité, égalité et participation responsable au pouvoir », a lancé Mgr Matar au début de son intervention.
Selon l'archevêque, les Libanais se posent beaucoup de questions concernant ce sujet : peut-on remettre en question le pacte ? S'inspirant du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, Mgr Matar a précisé que « lorsque les protagonistes s'entendent pour édifier une nation unique, leur accord donne naissance à une volonté nouvelle qui acquiert une force supérieure à toute autre volonté, qu'elle soit celle d'un groupe ou même celle de ces protagonistes réunis ». Et de poursuivre : « Cette volonté générale est la volonté de la patrie, et c'est dans ce sens que la conformité au pacte signifie une diversité au sein du même pays, mais une unité en même temps. »
« Comment cette conformité au pacte devrait-elle être concrètement traduite? » s'est interrogé Mgr Matar, avant de répondre : « Nous vivons le pacte à travers le texte de la Constitution qui remplit la fonction de traducteur, et qui ajuste l'activité politique. » Il a mis en garde contre « l'application du pacte national sans respect des dispositions et de l'esprit de la Constitution ».
« Le pacte national n'a pas besoin de milices et de groupes armés qui ne font que le corrompre, mais des institutions et d'un système judiciaire neutre et impartial, ainsi que d'une armée unie qui n'accepterait aucun concurrent ou partenaire », a déclaré l'ancien ministre Chamseddine.
« La parité entre chrétiens et musulmans demande l'instauration d'un seul État, et non pas de petits États communautaires et partisans au sein de lui. Cet État devrait être civil, non sectaire et non religieux, tout en respectant toutes les croyances. Et il devrait y avoir un seul président et non pas trois », a-t-il poursuivi.
« Pour assurer cette participation égale au pouvoir, les citoyens devraient témoigner d'un engagement et d'une grande foi, à travers leur participation complète et sérieuse aux élections législatives afin de choisir des leaders honnêtes qui serviront l'intérêt du peuple, au lieu de se livrer à leurs propres intérêts partisans étroits », a expliqué M. Chamseddine, avant d'ajouter : « Cela requiert une loi électorale juste, adoptée pour le peuple et non pas pour les chefs de parti politique, qui assure la participation de tout le monde au développement du pays. »
M. Baroud a, pour sa part, élargi le champ du concept de la conformité au pacte national en faisant remarquer que « le pacte ne se limite pas aux confessions, mais il est censé établir l'équilibre entre toutes les composantes du pays, y compris politiques, et notamment les minorités politiques ».
Quant à la définition du terme, M. Baroud a proposé une version semblable à celle de Mgr Matar. « La conformité au pacte est la décision de vivre ensemble, voire même le contrat politique selon lequel les Libanais et Libanaises se sont mis d'accord sur la gestion de leurs affaires, sur le plan politique dans le minimum requis », a-t-il précisé.
Et de poursuivre : « Il est vrai que le pacte national n'est pas codifié, mais le problème ne se présente pas au niveau du texte, mais au niveau de la mise en œuvre désordonnée et erronée des dispositions de la Constitution. Les complications auxquelles est confrontée la vie politique au Liban tiennent, pour la plupart, au non-recours aux institutions et aux textes, ce qui engendre de grandes confusions au niveau politique. »
Salah Salam a, quant à lui, exprimé son regret que « le pacte soit devenu un slogan utilisé pour semer la discorde sectaire ».
« Bien que le pacte ait été mis en vigueur depuis plus de 70 ans, certaines parties donnent l'impression qu'il s'agit de leurs plus récentes inventions et cherchent à l'expliquer et l'analyser selon leurs intérêts partisans et personnels », a-t-il déploré.
Dans ce cadre, M. Salam a repris quelques-unes des interrogations qui préoccupent les Libanais, critiquant implicitement le Courant patriotique libre qui a lancé le premier ce débat : « La conformité au pacte signifierait-elle l'accès à la présidence d'un seul candidat bien précis ? Son élection serait-elle signe de conformité au pacte, alors que l'élection de tout autre candidat serait signe de non-conformité ? Est-ce que la conformité au pacte signifierait le monopole de la représentation d'une communauté, et la marginalisation du rôle et de l'importance des autres parties de la même composante communautaire ? » a-t-il demandé.

Une conférence-débat autour d'un grand sujet d'actualité, le concept de conformité au pacte national, si cher ces jours-ci au Courant patriotique libre, a été organisée hier au Centre catholique d'information, à l'initiative du comité épiscopal des médias. Sans mentionner nommément le CPL, les orateurs successifs ont développé une lecture très critique des vues de la formation aouniste.L'archevêque maronite de Beyrouth et chef du comité épiscopal des médias, Mgr Boulos Matar, le directeur du Centre catholique d'information, le P. Abdo Bou Kasm, l'ancien ministre Ziyad Baroud, le président de la Fondation de l'imam Chamseddine et ancien ministre Ibrahim Chamseddine, le rédacteur en chef du journal al-Liwa Salah Salam, ont tenté chacun de répondre à la question « Que signifie la conformité au pacte national...
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