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Moyen Orient et Monde - Conflit

La trêve chancelante après plusieurs accrocs notables en Syrie

Une semaine après avoir conjointement annoncé l'accord sur une trêve, Moscou et Washington affichent leurs divergences.

Cette photo prise hier montre des soldats de l’armée syrienne circulant dans le quartier de Khan al-Wazir détruit par les bombardements, dans le cœur historique de la ville d’Alep en Syrie. Youssef Karwashan/AFP

La trêve en Syrie a connu, hier, ses plus sérieux accrocs avec des bombardements aériens et des violents combats au moment où s'envenimaient les relations entre les États-Unis et la Russie au sujet de l'aide humanitaire.
Si cette trêve a permis une baisse sensible des violences sur l'ensemble des fronts, elle a cependant été émaillée à son quatrième jour de plusieurs accrocs notables, notamment les premières victimes civiles depuis son entrée en vigueur selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Trois personnes, dont deux enfants, ont ainsi péri à Khan Cheikhoun, une localité rebelle de la province d'Idleb (Nord-Ouest), dans des frappes menées par des avions non identifiés, d'après l'OSDH. Un raid aérien a aussi visé Atareb, une place forte des rebelles dans la province d'Alep (Nord). L'auteur des frappes n'a pas non plus pu être identifié.
Une source militaire a par ailleurs fait état « d'affrontements intenses et de tirs de roquettes » dans la périphérie de Damas, où l'armée syrienne a bloqué une tentative des rebelles d'entrer dans la capitale via le quartier de Jobar. L'OSDH a également confirmé que des combats avaient lieu dans cette périphérie de Damas, précisant que plus de 21 obus et roquettes avaient été tirés sur Jobar. Ce quartier est aux mains de factions rebelles alliées au groupe jihadiste Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'el-Qaëda). Dans la capitale, deux obus ont également frappé le quartier de Bab Charqi mais n'ont pas fait de victime, selon l'OSDH qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.

« Retards inacceptables »
Sur le front diplomatique, alors qu'une décision était attendue sur la prolongation de la trêve, Moscou et Washington affichaient leurs divergences une semaine après avoir conjointement annoncé l'accord. « Bien que le cessez-le-feu soit un accord bilatéral, seul un des belligérants le respecte véritablement », a déclaré dans un communiqué le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, en allusion au régime syrien, allié de Moscou. Il a toutefois indiqué que son pays était prêt à une prolongation de la trêve de 72 heures. La Russie accuse notamment Washington de ne pas faire assez pression sur les rebelles pour qu'ils prennent leurs distances avec le Front Fateh al-Cham.
Le département d'État a aussitôt réagi en faisant savoir que les États-Unis ne coopéreront pas militairement avec la Russie en Syrie, ce que prévoit l'accord de trêve sous certaines conditions, tant que le régime ne permettra pas aux villes assiégées de recevoir de l'aide humanitaire. Le secrétaire d'État John Kerry, lors d'un appel téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov, a condamné « les retards répétés et inacceptables de l'aide humanitaire » destinée aux populations affectées par la guerre, selon son porte-parole John Kirby, tandis qu'un convoi de camions remplis d'aide humanitaire pour les habitants de la ville assiégée d'Alep était toujours bloqué à la frontière turque.
Faute de garanties de sécurité, ces camions remplis de nourriture et de médicaments sont restés bloqués dans une zone tampon entre les frontières turque et syrienne. Pour accéder aux populations dans la zone rebelle d'Alep, l'accord prévoit la démilitarisation de la route du Castello au nord de la ville. Mais selon un correspondant de l'AFP, aucun mouvement n'avait été enregistré sur cet axe routier hier en milieu de journée. L'OSDH a affirmé que les troupes du régime y étaient toujours déployées, bien que la Russie ait soutenu qu'elles avaient commencé à s'en retirer.

Réunion annulée à l'Onu
Selon l'accord russo-américain, Moscou doit faire pression sur son allié Bachar el-Assad tandis que Washington doit œuvrer auprès des rebelles syriens. Une cessation des hostilités pendant sept jours devra, toujours selon l'accord, permettre la création d'un centre inédit de coordination militaire entre Moscou et Washington pour frapper les groupes jihadistes État islamique (EI) et Front Fateh al-Cham.
Signe des divergences entre la Russie et les États-Unis, les consultations qui devaient se dérouler hier soir au Conseil de sécurité de l'Onu sur la Syrie ont été annulées en dernière minute à la demande de Moscou et de Washington, ont indiqué des diplomates. Les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil devaient se réunir à huis clos hier pour examiner l'opportunité de soutenir l'accord américano-russe sur la Syrie.
Parallèlement, le président américain Barack Obama devait réunir son équipe de sécurité nationale, dont John Kerry et le secrétaire à la Défense Ashton Carter, pour faire le point sur l'accord.
La situation en Syrie s'est complexifiée encore plus avec l'annonce par le Pentagone que des forces spéciales américaines avaient été déployées en appui de l'armée turque et de groupes rebelles modérés dans leur offensive contre l'EI dans le nord de la Syrie. Un déploiement qui a été fait « à la demande du gouvernement turc », a précisé le porte-parole du Pentagone Jeff Davis. En outre, des drapeaux américains, visibles depuis la frontière turque, ont été hissés hier à Tall Abiad dans la province de Raqqa, zone contrôlée par une coalition arabo-kurde, selon un photographe travaillant pour l'AFP.

(Sources : agences)

La trêve en Syrie a connu, hier, ses plus sérieux accrocs avec des bombardements aériens et des violents combats au moment où s'envenimaient les relations entre les États-Unis et la Russie au sujet de l'aide humanitaire.Si cette trêve a permis une baisse sensible des violences sur l'ensemble des fronts, elle a cependant été émaillée à son quatrième jour de plusieurs accrocs notables, notamment les premières victimes civiles depuis son entrée en vigueur selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Trois personnes, dont deux enfants, ont ainsi péri à Khan Cheikhoun, une localité rebelle de la province d'Idleb (Nord-Ouest), dans des frappes menées par des avions non identifiés, d'après l'OSDH. Un raid aérien a aussi visé Atareb, une place forte des rebelles dans la province d'Alep (Nord). L'auteur des...
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