Les partisans de l’opposition vénézuélienne ont manifesté à Caracas, le 16 septembre. Federico Parra/AFP
L'opposition au Venezuela manifestait hier pour réclamer au plus vite un référendum afin de révoquer le président socialiste Nicolas Maduro, après la frustration d'un second report de l'annonce d'un calendrier vers cette consultation. La manifestation était prévue depuis plusieurs semaines déjà, comme moyen de pression pour accompagner la publication, par le Conseil national électoral (CNE), des dates exactes auxquelles l'opposition tentera de réunir quatre millions de signatures (20 % de l'électorat) en trois jours, ultime étape avant de pouvoir convoquer le référendum. Mais l'organisme, accusé par le camp anti-Maduro de retarder le processus pour le protéger, a apporté jeudi soir une nouvelle frustration en reportant pour la seconde fois sa décision, en raison selon lui des menaces pesant sur ses fonctionnaires avec cet appel à manifester. Le travail reprendra lundi, a indiqué le CNE, sans s'engager à annoncer alors un calendrier vers le référendum, unique moyen selon l'opposition de trouver une issue pacifique à la violente crise économique et sociale qui secoue le pays. La manifestation avait elle, comme objectif d'exiger au CNE « qu'il arrête de saboter » le processus, a expliqué hier le président du Parlement (contrôlé par l'opposition), Henry Ramos Allup.
Le calendrier est un point crucial de la bataille que mène depuis des mois la coalition de la Table pour l'unité démocratique (MUD, centre-droit) : si le référendum a lieu d'ici au 10 janvier 2017 et est couronné de succès, il provoquera des élections anticipées. S'il est organisé plus tard, une éventuelle révocation de Nicolas Maduro n'entraînerait que son remplacement par son vice-président, du même parti, jusqu'à la fin de son mandat en 2019. Le CNE a déjà indiqué que la collecte des quatre millions de signatures aurait lieu fin octobre. Ensuite, il aura un mois pour les vérifier, puis jusqu'à trois pour convoquer le référendum. Il peut choisir d'allonger les délais au maximum et d'organiser la consultation en février ou mars 2017. Jeudi, le vice-président du Venezuela, Aristobulo Isturiz, a d'ailleurs voulu doucher les espoirs du camp anti-Maduro : « Cette année, il n'y aura pas de référendum, (les opposants) n'ont pas le temps », a-t-il clamé en conférence de presse.
Mais dans ce cas, les analystes préviennent du risque d'explosion sociale alors que le pays a sombré économiquement et que la population est lassée après 17 ans de chavisme (du nom du défunt président Hugo Chavez, 1999-2013). Si le CNE « annonce un calendrier qui reporte le référendum à 2017, il provoquera une situation terrible dans la rue. Les gens sont très inquiets, angoissés », a expliqué Milagros Betancourt, experte en relations internationales.
(Source : AFP)

