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Liban - Polémique

Women in Front appelle à la démission d’Élie Marouni

Le bureau politique Kataëb n'a toujours pas pris position concernant les propos controversés du député Élie Marouni sur le rôle que jouerait la femme pour pousser l'homme à la violer.

La polémique suscitée par les propos d'Élie Marouni, député Kataëb, sur les victimes de viol ne cesse de s'amplifier dans les milieux féministes, d'autant que la position du bureau politique du parti concernant son discours n'a pas été à la hauteur des revendications des militantes en faveur des droits de la femme. Les militantes, dans une lettre ouverte publiée au lendemain des propos tenus par M. Marouni, ont exigé que ce dernier s'excuse auprès des femmes, « notamment auprès de celles qui ont été et continuent à être victimes des différentes formes de violence physique, morale et sexuelle ».
Rappelons que lors d'une conférence-débat organisée la semaine dernière par le Rassemblement démocratique de la femme libanaise (RDFL) sur la proposition de loi visant à abolir l'article 522 du code pénal relatif au viol, M. Marouni avait déclaré qu'« au vu de certaines circonstances, nous devons nous interroger sur la façon dont des femmes poussent les hommes à les violer ». Conformément à cet article, l'auteur d'un viol, d'un enlèvement ou d'un détournement de mineure est exempté de toute sanction s'il épouse sa victime. Lors de la conférence, M. Marouni s'était prononcé en faveur de sa réécriture et non de son abolition. Il a tenté de rectifier le tir lors d'une conférence de presse qu'il a tenue trois jours plus tard, dans le cadre de laquelle il a déclaré que « le parti Kataëb poursuivra son combat pour abolir tous les textes de loi injustes à l'égard des femmes, notamment l'article 522 du code pénal relatif au viol ». M. Élie Keyrouz, député des Forces libanaises, avait récemment présenté une proposition de loi pour abolir l'article en question.
Réuni mardi, le bureau politique Kataëb s'est ainsi contenté de rappeler « sa position constante et sa lutte en faveur de l'égalité entre l'homme et la femme sur les plans législatif, politique et social ». Dans un communiqué publié à l'issue de sa réunion hebdomadaire, le bureau politique a souligné que le parti estime que « l'auteur d'un viol ne peut pas bénéficier de circonstances atténuantes, mais que des sanctions sévères et rédhibitoires doivent être émises à son encontre ». « La position du parti est claire dans ce cadre et s'est traduite par huit propositions de loi présentées par le chef du parti au cours des dernières années », a ajouté le texte.

WIF « inquiète »
La réponse de la société civile à cette position ne s'est pas fait attendre. Dans une lettre ouverte adressée au chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, Women in Front (WIF), une ONG indépendante qui œuvre pour pousser les femmes à être plus impliquées dans la vie politique libanaise, a déclaré qu'elle « s'attendait à ce que le député Élie Marouni s'excuse clairement » pour les propos qu'il a tenus et que « les Kataëb dénoncent ce qui s'est passé ».
Mais la réponse a été tout à fait autre, a déploré WIF, rappelant que M. Marouni a lancé des « accusations » à l'encontre du RDFL, a essayé de « politiser » l'affaire pour « minimiser l'ampleur du problème », comme « il a marginalisé la lutte féministe au Liban ». Précisons dans ce cadre que dans des déclarations à la presse, au lendemain de la conférence, M. Marouni a insinué que le RDFL est une association « suspecte » avec un « agenda qui le vise personnellement sur le plan politique à l'approche des élections législatives ».
« Nous sommes inquiètes », a insisté WIF. Et ce pour de multiples raisons. Premièrement parce que M. Marouni représente les Kataëb à l'hémicycle, « ce qui lui profère une autorité de légiférer pour protéger les citoyens, y compris les femmes ». Deuxièmement, parce que M. Marouni a favorisé « un terrain fertile aux réactions violentes, à une époque où nous luttons contre toute forme d'extrémisme et de violence ». Mais surtout parce que « nous avons placé notre confiance dans un parti qui a toujours œuvré pour abolir les textes de loi discriminatoires à l'encontre de la femme ». « Aujourd'hui, nous nous posons des questions sur la crédibilité de ce parti dans ce cadre », a ajouté WIF, exprimant toutefois le souhait que les Kataëb « prennent des mesures immédiates vu le caractère dangereux de l'affaire ».
Et WIF d'appeler les Kataëb à publier un communiqué concernant les propos tenus par M. Marouni qui vont à l'encontre de la ligne du parti, comme elle réclame la démission de M. Marouni. « Dans les deux cas, nous appelons à suspendre l'adhésion de M. Marouni aux différentes commissions parlementaires qui légifèrent pour les droits de la femme, parce que nous estimons que sa présence dans de tels postes nuit aux citoyens et citoyennes libanais ». Et de conclure en affirmant que cette affaire est « dangereuse sur le plan national » et « elle est tout aussi importante que celle qui a poussé le parti Kataëb à radier l'un des ministres Kataëb (en référence à Sejaan Azzi) et les causes que défend le parti, comme le problème des déchets ».

La polémique suscitée par les propos d'Élie Marouni, député Kataëb, sur les victimes de viol ne cesse de s'amplifier dans les milieux féministes, d'autant que la position du bureau politique du parti concernant son discours n'a pas été à la hauteur des revendications des militantes en faveur des droits de la femme. Les militantes, dans une lettre ouverte publiée au lendemain des propos tenus par M. Marouni, ont exigé que ce dernier s'excuse auprès des femmes, « notamment auprès de celles qui ont été et continuent à être victimes des différentes formes de violence physique, morale et sexuelle ».Rappelons que lors d'une conférence-débat organisée la semaine dernière par le Rassemblement démocratique de la femme libanaise (RDFL) sur la proposition de loi visant à abolir l'article 522 du code pénal relatif au...
commentaires (2)

S,IL ETAIT JAPONAIS... MAIS HELAS IL EST LIBANAIS...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

17 h 38, le 15 septembre 2016

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Commentaires (2)

  • S,IL ETAIT JAPONAIS... MAIS HELAS IL EST LIBANAIS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 38, le 15 septembre 2016

  • Évidemment qu'il faut le dégager de toute responsabilité dans les commissions s'occupant des droits des femmes. Nous nous croyons un pays évolué mais nous nous noyons dans de multiples contradictions sociales et confessionnelles qui font que les droits des femmes ou l'égalité entre statut homme-femme est un rêve à long terme qui doit être arraché de hautes luttes et cela seules les femmes peuvent y jouer un rôle central car les hommes sont plutôt limités par la civilisation du chameau.

    Saleh Issal

    12 h 41, le 15 septembre 2016

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