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Sport - Dopage - Polémique

La Russie a-t-elle piraté l’AMA ?

L'Agence mondiale antidopage est furieuse après des fuites, semble-t-il dévoilées par des hackers russes, sur Simone Biles et les sœurs Williams.

« Un acte criminel » : l'Agence mondiale antidopage (AMA) a réagi avec fureur au piratage de sa base de données par les hackers russes de APT28, alias Fancy Bears, et à la fuite d'informations sur Serena et Venus Williams ou la quadruple championne olympique de gymnastique Simone Biles.
« Nous avons des informations très solides selon lesquelles (ces pirates) sont liés à la Russie et ils attaquent notre système depuis des semaines », a précisé hier le président de l'AMA, Craig Reedie, auprès de la BBC, en dédouanant totalement les quatre sportives visées par les révélations des hackers, qui concernent aussi Elena Delle Donne, la basketteuse de la Dream Team féminine américaine couronnée championne olympique à Rio. « À l'AMA, il y a un système d'exemptions établi de longue date permettant à un sportif qui a besoin de prendre un médicament figurant sur la liste des produits interdits de le faire, à partir du moment où cela est validé par le milieu médical puis autorisé par la Fédération sportive concernée », a expliqué M. Reedie. « Et autant que je puisse en juger dans les cas mentionnés, tout cela a été fait et a été fait correctement », a insisté l'Écossais.
« L'AMA regrette profondément cette situation et est consciente de la menace représentée pour les athlètes dont des informations confidentielles ont été divulguées par cet acte criminel », avait souligné dès mardi soir le directeur général de l'AMA, Olivier Niggli, dans un communiqué. Le même jour, le Comité international olympique (CIO) avait aussi condamné cette cyberattaque « clairement destinée à souiller la réputation d'athlètes propres », tandis que l'Agence américaine antidopage (Usada) avait, elle, fustigé un acte « lâche et méprisable ».
L'État russe n'a aucun lien avec les hackers du groupe Tsar Team (APT28), alias Fancy Bears, a affirmé hier le ministre russe des Sports, Vitali Mutko, en réaction aux accusations de l'AMA. « Non !
Comment, comment ? »
s'est insurgé M. Mutko. « Comment pouvez-vous dire que ce sont des pirates informatiques de Russie ? Vous accusez la Russie pour tout », s'est-il exclamé, affirmant que la Russie également « est très inquiète, car les hackers ont les mêmes informations concernant des athlètes russes ». « Nous aussi nous pouvons être des victimes », a-t-il ajouté.

Partie émergée de l'iceberg
« Elles ont bien joué, mais pas honnêtement », ont accusé les Fancy Bears sur leur site Internet, au sujet des quatre sportives américaines présentes aux JO de Rio. Il s'agit de la deuxième attaque de ce groupe depuis début août contre le système de gestion et de localisation de l'AMA (dit Adams), qui lui permet d'assurer le suivi des contrôles antidopage des sportifs. Concrètement, les Fancy Bears ont dévoilé des « analyses anormales » (AAF) concernant ces sportives. Mais celles-ci n'ont jamais été considérées par l'AMA comme des contrôles antidopage positifs, car les sportives concernées avaient des « autorisations à usage thérapeutique » (AUT) pour les substances en question, ce que confirment d'ailleurs les documents publiés par les hackers d'APT28.
Dans le cas de Biles, la Fédération américaine de gymnastique a précisé, dans un communiqué, que la quadruple championne olympique avait bien bénéficié d'une exemption thérapeutique de la part de l'AMA, en conformité avec les recommandations de l'Agence. « Je suis atteinte d'ADHD (trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) et je prends un traitement depuis que je suis petite », a déclaré Biles via son compte Twitter. Pour sa part, Venus Williams s'est dit « consternée d'apprendre que (ses) données privées médicales avaient été piratées par des hackers et publiées sans (sa) permission ».
La précédente attaque contre le système Adams avait été révélée par l'AMA en août, après que les données confidentielles de la lanceuse d'alerte russe Yuliya Stepanova avaient également été piratées. La coureuse de 800 m avait été à la base des révélations du rapport McLaren du 18 juillet sur un dopage d'État généralisé en Russie, après avoir témoigné à visage découvert en 2014 auprès de la chaîne de télévision allemande ARD. À la suite des révélations de l'AMA, via deux rapports ravageurs pour la Russie, dont celui dirigé par McLaren, plus d'une centaine de sportifs russes avaient été privés des JO de Rio par leurs diverses fédérations internationales. La plus sévère, l'IAAF, la Fédération internationale d'athlétisme, avait décidé de mettre hors-jeu 67 des 68 athlètes russes candidats aux Jeux de Rio.
« Ces actes criminels (des pirates russes) compromettent grandement l'effort de la communauté mondiale antidopage de rétablir une relation de confiance avec la Russie », avait estimé M. Niggli dans son communiqué de mardi. « Cela tombe plutôt mal, a confirmé Craig Reedie, hier matin. La Russie a affirmé au plus haut niveau qu'elle comprenait qu'elle avait un problème (avec le dopage), mais en fait, il semble qu'ils soient toujours dans une sorte de déni. »
Les Fancy Bears ne semblent pourtant pas vouloir en rester là. « Il s'agit juste de la partie émergée de l'iceberg, ont ainsi précisé les pirates sur leur site. Attendez pour voir, très bientôt, des preuves sensationnelles sur des athlètes ayant pris des substances dopantes. »

(Source : AFP)

« Un acte criminel » : l'Agence mondiale antidopage (AMA) a réagi avec fureur au piratage de sa base de données par les hackers russes de APT28, alias Fancy Bears, et à la fuite d'informations sur Serena et Venus Williams ou la quadruple championne olympique de gymnastique Simone Biles.« Nous avons des informations très solides selon lesquelles (ces pirates) sont liés à la Russie et ils attaquent notre système depuis des semaines », a précisé hier le président de l'AMA, Craig Reedie, auprès de la BBC, en dédouanant totalement les quatre sportives visées par les révélations des hackers, qui concernent aussi Elena Delle Donne, la basketteuse de la Dream Team féminine américaine couronnée championne olympique à Rio. « À l'AMA, il y a un système d'exemptions établi de longue date permettant à un sportif qui...
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