Des Iraniens privés de pèlerinage à La Mecque ont manifesté, hier à Téhéran, contre l’Arabie saoudite. STR/AFP
Des milliers d'Iraniens ont manifesté hier à Téhéran contre l'Arabie saoudite après leur exclusion du grand pèlerinage musulman de La Mecque, le hajj, en raison des tensions grandissantes entre les deux pays. Quelque 64 000 Iraniens, qui devaient participer à partir d'aujourd'hui au hajj, ne pourront pas accomplir ce pèlerinage à la suite de l'échec des négociations entre les deux grandes puissances régionales rivales. Les « Saoudiens ont bloqué le chemin vers Allah, c'est un crime et ils doivent être jugés » pour cela, a déclaré Javad Zolfaghari, un religieux ayant rejoint les manifestants à Téhéran, dont des femmes et des enfants.
Les protestataires scandaient des slogans contre la famille royale saoudienne et d'autres portaient des pancartes avec des inscriptions hostiles aux dirigeants saoudiens. Sur l'une d'entre elles, on pouvait lire : « Nous ne pardonnerons jamais à l'Arabie saoudite ». Sur le lieu du rassemblement, une grande toile était déroulée sur laquelle était dessiné un homme portant l'habit traditionnel saoudien, surmonté des mots « maudit et maléfique », utilisés par le guide suprême iranien Ali Khamenei pour qualifier la famille royale des al-Saoud.
Dans un entretien à l'AFP, le chef de l'organisation iranienne du hajj, Saïd Ohadi, s'en est pris hier à l'Arabie saoudite accusée de ne pas prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des pèlerins, après la gigantesque bousculade au pèlerinage de 2015 qui a fait environ 2 300 morts, dont 464 Iraniens. « Comment pouvez-vous inviter 1,5 million de pèlerins et ne même pas penser aux mesures de sécurité ? Sept mille personnes de 39 pays sont tombées en martyres » au hajj en 2015, a-t-il affirmé. « Pourquoi l'Arabie saoudite n'a-t-elle pas invité les délégués de ces 39 pays à s'asseoir et réfléchir aux mesures à prendre pour faire en sorte que cela ne se reproduise pas ? »
Riyad a pour sa part affirmé avoir amélioré l'organisation et la sécurité du hajj auquel sont attendus environ deux millions de fidèles.
(Source : AFP)


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