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Moyen Orient et Monde - Présidentielle

Pressions internationales pour éviter le chaos au Gabon

Le bras de fer entre Bongo et Ping se poursuit.

Hier, des Gabonais se sont rassemblés devant une chapelle ardente, à Libreville, dressée à la mémoire des victimes des violences postélectorales. Marco Longari/AFP

Le camp du président gabonais sortant Ali Bongo Ondimba et celui de son rival Jean Ping, qui s'est proclamé élu, poursuivaient hier leur bras de fer, sur fond d'inquiétude grandissante de la communauté internationale. Aucun trouble majeur n'était signalé hier après-midi dans la capitale Libreville. Comme la veille, l'activité a repris au ralenti, chacun attendant avec angoisse l'issue de la confrontation entre pouvoir et opposition.
Hier, l'Union européenne (UE) a annoncé avoir relevé « une évidente anomalie » dans les résultats de l'élection présidentielle du 27 août. « Une analyse portant sur le nombre de non-votants et des bulletins blancs et nuls révèle une évidente anomalie dans les résultats finaux du Haut-Ogooué », fief de la famille Bongo qui dirige le pays depuis près de 50 ans, a indiqué la chef de la mission d'observation de l'UE au scrutin, Mariya Gabriel. Cette province, selon les résultats officiels provisoires, a enregistré un taux de participation de 99,93 % et permis à Ali Bongo d'être réélu d'une courte tête (5 594 voix d'avance).

Recours constitutionnel
Plus tôt en journée, la France – ancienne puissance coloniale – avait souhaité, par la voix de son Premier ministre Manuel Valls, un nouveau décompte des voix. « Il y a contestations et des doutes (...). La sagesse commanderait de faire un nouveau décompte des résultats », a-t-il déclaré sur la radio française RTL. Ce nouveau décompte est réclamé par M. Ping, qui a lancé lundi un appel virulent à une « grève générale » pour « faire tomber le tyran ». De son côté, le pouvoir refuse tout recomptage en arguant que la loi électorale ne le prévoit pas et a accusé l'opposant de « complot » par la voix du porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze. Et face à ces multiples demandes, le pouvoir invite l'opposition à se tourner vers la Cour constitutionnelle. Jusqu'à présent, celle-ci refuse, affirmant que la Cour est inféodée à la présidence. La date butoir pour le dépôt des recours devant la Cour est demain.
Le ministre Bilie-By-Nze a également affirmé, lundi soir, qu'un Ivoirien avait été arrêté au quartier général de Jean Ping, l'accusant de manipuler les résultats de l'élection. « Nous ne disons pas que l'État de Côte d'Ivoire est impliqué, mais des ressortissants ivoiriens haut placés le sont », a ajouté le ministre. Le 30 août, il avait déjà dénoncé des « ingérences multiples », visant la France et la Côte d'Ivoire. L'Union africaine (UA) s'est, elle, dit prête à envoyer au Gabon « une délégation de haut niveau » composée notamment de chefs d'État africains. Ces tensions grandissantes ont abouti, lundi soir, à la démission d'un poids lourd du gouvernement, le ministre de la Justice et deuxième vice-Premier ministre, Séraphin Moundounga, qui a jugé que « la paix était gravement menacée » au Gabon.

Chapelle ardente
Les violences postélectorales ont fait trois morts et 105 blessés, dont 67 parmi les forces de sécurité, a déclaré lundi le ministre gabonais de l'Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya. Il y a une confusion avec d'autres personnes qui sont mortes de mort naturelle ou dans des rixes, mais pas du fait des forces de l'ordre, a expliqué en substance le ministre. Hier après-midi, des partisans de l'opposition se sont rassemblés devant une chapelle ardente, baptisée Chapelle des combattants morts pour la patrie, dressée à la mémoire des victimes au QG de campagne de M. Ping.
La France s'est également inquiétée, lundi, d'être sans nouvelles de plusieurs de ses ressortissants binationaux au Gabon. Le ministère gabonais des Affaires étrangères a confirmé l'interpellation de binationaux pendant les manifestations. Hier, lors d'une nouvelle audience au tribunal de Libreville, où ont comparu des dizaines de personnes arrêtées la semaine dernière, deux frères franco-gabonais, Baptiste (29 ans) et Cassien (25 ans), ont été libérés. Des dizaines de Gabonais cherchent toujours un proche introuvable depuis les centaines d'arrestations qui ont suivi l'annonce de la réélection de M. Bongo.
(Source : AFP)

Le camp du président gabonais sortant Ali Bongo Ondimba et celui de son rival Jean Ping, qui s'est proclamé élu, poursuivaient hier leur bras de fer, sur fond d'inquiétude grandissante de la communauté internationale. Aucun trouble majeur n'était signalé hier après-midi dans la capitale Libreville. Comme la veille, l'activité a repris au ralenti, chacun attendant avec angoisse l'issue de la confrontation entre pouvoir et opposition.Hier, l'Union européenne (UE) a annoncé avoir relevé « une évidente anomalie » dans les résultats de l'élection présidentielle du 27 août. « Une analyse portant sur le nombre de non-votants et des bulletins blancs et nuls révèle une évidente anomalie dans les résultats finaux du Haut-Ogooué », fief de la famille Bongo qui dirige le pays depuis près de 50 ans, a indiqué la chef...
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