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Diaspora

À la rencontre des Libanais du Brésil, une vaste communauté plus ou moins proche de ses origines

Diaspora

Avec ses millions de descendants de Libanais, ce pays offre des opportunités uniques pour des affaires avec le pays du Cèdre.

Naji FARAH | OLJ
05/09/2016

Un voyage au Brésil, même si c'est surtout pour assister aux Jeux olympiques, est toujours une bonne raison de visiter ce vaste et magnifique territoire. Le Brésil, c'est aussi des Libanais dans chaque recoin, certains toujours attachés à leurs racines et réunis en communautés, d'autres si bien intégrés qu'ils se fondent dans la société brésilienne. Parcourir ce beau pays, c'est aussi goûter à sa diversité et sa beauté, et témoigner de sa riche histoire moderne, qui commence par l'arrivée des Portugais au début du XVIe siècle. Sauf que dans l'histoire aussi, le Brésil et le Liban sont proches: il semble, selon certaines théories, que des vestiges phéniciens datant de trois mille ans aient été retrouvés dans certains États comme celui du Piauí ou de Rio, mais aucune preuve de la présence d'une cité de cette époque n'a pu pour le moment être fournie.

À Manaus, une communauté libanaise désintégrée
Les Libanais sont tellement intégrés dans la nation brésilienne que par endroits, comme à Manaus, leur communauté s'est désintégrée. Preuve en est le mystérieux « Clube Sírio Libanês », un lieu de rencontre mondain au cœur de la capitale de l'Amazonie, dont le nom ne sert qu'au marketing. Ainsi, nous n'avons pu trouver auprès de l'administration aucun document ou autre information historique sur le passé de ce club, ce qui nous amène à interroger les anciens de la communauté. Nous sommes loin des grands clubs libanais du Mexique, où le Liban est à l'honneur à chaque recoin.
Cependant, certaines grandes figures de la société libano-brésilienne portent haut le nom du Liban, comme Philippe Daou, président de « Rede Amazónica Globo », réseau de communication couvrant toute l'Amazonie qui, avec une superficie de plus d'un million et demi de kilomètres carrés, constitue le plus grand État du Brésil. Milton Hatoum, professeur de littérature à l'Université fédérale de Manaus, est l'un des écrivains brésiliens vivants les plus populaires : ça n'a pas été une surprise de constater que nombre de ses titres étaient épuisés dans les grandes librairies de sa ville natale.
Toujours est-il que Manaus est une ville enchanteresse, avec ses deux millions d'habitants, ses installations portuaires gigantesques, son centre-ville au merveilleux patrimoine architectural portugais – nécessitant malheureusement des travaux de restauration d'urgence – et son « Teatro Amazonas » datant de la Belle Époque (fin du XIXe siècle). De là, nous avons pris le bateau pour nous rendre sur au bord de deux grandes rivières, le Rio Preto – complètement noirci par l'acidité des végétaux – et le Rio Solimões. Ces deux cours d'eau se côtoient sur plusieurs kilomètres avant de former le fleuve Amazone.
Une heure de navigation plus tard, nous pénétrons dans la savane amazonienne, au cœur du territoire des premières tribus indiennes, qui nous présentent les animaux pittoresques de la région ainsi que leurs produits artisanaux, avant de nous entraîner dans une danse effrénée héritée de leurs lointains ancêtres.

Des pâtisseries libanaises à São Paulo
Avec trois millions de descendants de Libanais, la mégapole de São Paulo est ouverte aux investissements dans les domaines de la restauration et de l'agroalimentaire, permettant d'augmenter la production au Liban par des échanges fructueux entre les deux pays. Un détour par la cité aura permis de lancer la commercialisation d'une nouvelle marque internationale de pâtisserie libanaise, sous forme de boîtes de couleur turquoise aux inscriptions phéniciennes, lancée par une grande chaîne de pâtisserie libanaise en collaboration avec « Tyros ». La marque avait été présentée quelques jours auparavant à Nova Friburgo, dans le commerce de Gilberto et Leda Sader (voir notre édition du 15 août 2016).

La douceur de vivre à João Pessoa
Des investissements dans le domaine de la construction sont également attendus à João Pessoa, à une centaine de kilomètres de la grande ville côtière de Recife, lieu des grandes plages de sable du Nord-Est. Cette région à l'extrême est du Brésil, où le soleil se lève en premier sur le continent américain, est classée comme l'une des meilleures au monde pour la qualité de vie qu'on y trouve. La température extérieure varie durant toute l'année de 22 à 32 degrés et les plages, d'une rare beauté, sont totalement préservées de la pollution. Un exemple à suivre dans le monde, et plus particulièrement au Liban, qui frôle la catastrophe écologique.

Cette page est réalisée en collaboration avec l'Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

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