La cérémonie en hommage au mufti. Ani
Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a tiré hier à boulets rouges sur le Hezbollah, dénonçant avec virulence la formule des brigades de la résistance avant de signifier le refus de son courant de capituler devant la force des armes.
« Ce qu'ils appellent les brigades de la résistance, que nous avions qualifiées de brigades de la discorde, se sont transformées en brigades d'occupation », a dit le ministre, en évoquant des informations de presse faisant état d'une armée de 50 000 hommes qui formeraient ces brigades.
M. Machnouk, qui s'exprimait à l'issue d'une cérémonie en présence du mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, s'en est pris à l'arsenal du Hezbollah et a affirmé son refus d'avaliser une telle « anomalie ».
« Quelles que soient la nature et l'importance de ces armes, nous n'y accorderons pas notre contreseing », a-t-il dit. « Nous résisterons contre cette occupation par tous les moyens pacifiques et par les voies politiques », a ajouté le ministre avant d'exprimer son refus de la capitulation ou de l'attente. « Nous ne sommes pas un courant qui abdique, encore moins un courant qui temporise, mais qui tranche plutôt », a martelé M. Machnouk en allusion au courant du Futur dont il relève.
Le ministre a tenu à souligner « la politique de la main tendue » que sa formation politique a initiée à « plus d'une reprise », notamment en ce qui concerne la vacance présidentielle, et ce dans l'optique de protéger le « partenariat national ». « À ce jour, nous n'avons concrètement récolté que de l'indifférence camouflée par une façade de bienveillance », a-t-il ironisé.
Évoquant les informations qui circulent dans le pays sur un éventuel « compromis », le ministre a assuré qu'il n'en est rien. « La réalité est que le compromis requis n'a rien à voir avec l'élection d'un chef de l'État, encore moins avec le prestige du Premier ministre, puisque celui qui sera prochainement à la tête de la présidence du Conseil n'est autre que Saad Hariri », a-t-il dit.
Il a dénoncé le fait que « la vacance présidentielle se perpétue depuis deux ans déjà », ajoutant que « le Parlement est frappé d'une paralysie totale ». « L'ensemble des composantes du gouvernement reconnaissent également la prééminence du vide dans le pays à l'ombre de crises qui se succèdent et s'accumulent, depuis celle de l'électricité jusqu'à celle des déchets », a poursuivi M. Machnouk. D'où la nécessité « d'envisager d'autres solutions car nous ne sommes pas seuls responsables de la nation. L'autre partie doit faire preuve, comme nous, de son intérêt pour le pays », a-t-il conclu.

