M. Sleiman prenant un selfie avec ses hôtes. Photo an-Nahar
Après plus de deux ans de vacance présidentielle, l'ancien président de la République Michel Sleiman a réitéré samedi un souhait qu'il avait déjà formulé lors de son discours d'adieu en mai 2014, celui de l'amendement de la Constitution afin de clarifier les lacunes et renforcer le rôle du chef de l'État. M. Sleiman a évoqué un « projet pour colmater les brèches constitutionnelles, préparé en collaboration avec l'ancien député Mikhaël Daher », qu'il compte présenter « lors d'une conférence générale en novembre ».
Estimant que les lacunes constitutionnelles empêchent la bonne gouvernance dans le pays (non-respect des délais pour les élections ou les nominations, par exemple), l'ancien président a estimé que « sans toucher aux fondements de l'accord de Taëf, il est nécessaire de clarifier ces lacunes afin que le président de la République devienne le responsable le plus puissant de l'État, du fait qu'il sera le plus éloigné de l'idée du partage des parts ». Et d'ajouter : « Quand le président aura recours à la Constitution, celle-ci sera claire. Et il pourra réellement jouer son rôle de chef d'État, sans qu'il soit nécessaire d'aborder le sujet des prérogatives en elles-mêmes, ce qui ouvrirait la voie vers une Constituante, et nous mènerait donc dans une direction totalement différente. »
Rappelons que le président Sleiman avait déjà abordé le sujet de ces amendements constitutionnels lors de son discours d'adieu (lire notre édition du 28 mai 2014). Il avait alors déclaré : « Il faut trouver une solution aux failles qui constituent des obstacles à la bonne marche des institutions. » Il avait alors proposé dans ce cadre une série d'amendements constitutionnels, dont notamment :
- Restituer au président de la République le droit de dissoudre la Chambre une seule fois.
- Octroyer au président de la République le droit de réitérer les consultations parlementaires pour la formation du gouvernement, au cas où le Premier ministre désigné ne parviendrait pas à former un gouvernement deux mois après sa désignation.
- Fixer un délai constitutionnel clair au chef du gouvernement et aux ministres pour la signature des décrets, à l'instar du délai qui est fixé pour le président de la République.
- Accorder au président de la République le droit de convoquer le Conseil des ministres.
Samedi, l'ancien chef de l'État s'exprimait à l'issue d'un déjeuner donné en son honneur à Kobeyate. Dans un discours improvisé, il a exprimé l'espoir que « ces lacunes puissent être comblées, étant donné qu'il s'est avéré que le Liban est bien plus fort que ce que nous pensions, et que ce que pensaient ceux qui nous entourent ». Et de poursuivre : « Il faut œuvrer pour traiter ces lacunes constitutionnelles. Il est vrai que je ne suis plus aux affaires, mais je suis capable de prodiguer des conseils et de m'exprimer au nom des gens. J'ai aussi l'expérience des six années passées à la présidence. »


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