Le ministre démissionnaire de la Justice, Achraf Rifi, a annoncé hier avoir envoyé un mémorandum au parquet général réclamant un jugement en cassation, « si la justice estime cela légalement nécessaire », dans l'affaire Manal Assi, tuée sous les coups de son mari en février 2014.
Rappelons qu'en juillet dernier, la magistrate présidant la cour pénale de Beyrouth, Hélène Iskandar, avait rendu son jugement dans le dossier, réduisant la peine du meurtrier – Mohammad al-Nhaily, époux de la victime – à cinq ans de prison, en comptant la durée de sa détention depuis février 2014. Ce dernier aurait dû tomber sous le coup de l'article 549 du code pénal, qui prévoit la peine de mort, mais la juge avait préféré « ressusciter » indirectement l'article 562 se rapportant aux crimes d'honneur en se référant à l'article 252 du code pénal. Ce dernier stipule que le crime « non prémédité » perpétré par Mohammad al-Nhaily est « excusé », étant le résultat d'un excès de colère provoqué par un « acte injuste, grave et dangereux de la part de la victime », en l'occurrence ici l'infidélité de sa femme découverte le jour du crime et qui remontait à cinq ans. Le mari aurait reçu un appel téléphonique le matin même des faits lui rapportant l'infidélité de son épouse. Il avait pris alors le temps d'achever son travail avant de rentrer chez lui et perpétrer le crime.
Par ailleurs, Kafa organise un sit-in le 16 août à 11h devant le Palais de justice, en vue d'obtenir également un jugement en cassation.
Liban - Affaire Manal Assi
Rifi réclame un jugement en cassation
OLJ / le 13 août 2016 à 00h00

