Le podium du fleuret féminin… De gauche à droite : Elisa di Francisca (Italie – argent), Inna Deriglazova (Russie – or) et Inès Boubakri (Tunisie – bronze). Deriglazova, championne du monde en titre, a mis fin à 16 années d’hégémonie italienne. Kirill Kudryavtsev/AFP
La majorité des têtes d'affiche mondiales du golf ont boudé le tournoi olympique qui s'est ouvert hier à Rio, pour la première fois depuis 1904, une désertion qui interroge sur la pertinence de ce sport aux JO.
Il régnait une ambiance étrange, une forme d'incongruité, sur les greens du tout nouveau parcours de Barra da Tijuca, qui devra donner dimanche un nom au successeur du golfeur canadien George Lyon. Il aurait aujourd'hui 158 ans. Car seuls huit des 20 premiers mondiaux se sont déplacés, la plupart des autres prétextant la crainte du virus Zika, sans convaincre qui que ce soit. Les plus sincères ont reconnu le faible intérêt à leurs yeux d'une médaille d'or, qui ne vaut rien à côté d'une veste verte du Masters d'Augusta ou d'un Claret Jug du British Open. En l'absence des quatre meilleurs joueurs du monde – Day, Johnson, Spieth et McIlroy – c'est donc le golfeur suédois Henrik Stenson, n° 5 mondial, qui s'avance en favori théorique. S'il évite les caïmans, rongeurs divers, singes et autres boas constrictors susceptibles de montrer le bout de leur nez...
Le vélodrome du Parc olympique n'a, lui, jamais craint ce genre de créatures. Mais il a accumulé retards et critiques au point qu'aucune épreuve de préparation n'a pu y être organisée. Pour autant, la piste en bois russe, du pin venu de Sibérie, est prête pour les ogres britanniques, imbattables à Pékin et à Londres, mais peut-être un peu moins conquérants malgré leurs stars Bradley Wiggins et Mark Cavendish. France, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Allemagne et Australie voudront mettre le pied dans la porte.
Triomphe annoncé pour Biles
En gymnastique, Simone Biles viendra moissonner ce qu'elle sème imperturbablement depuis des années au concours général. Comme une esquisse de filiation, un adoubement virtuel, l'Américaine est la seule gymnaste dont la légendaire Nadia Comaneci ait retweeté des messages ces derniers jours. Et mercredi dans la nuit, Kohei Uchimura est entré dans la légende de la gymnastique en devenant, à 27 ans, le premier à conserver le titre au concours général depuis Sawao Kato (1968-1972) après son sacre par équipes.
Par ailleurs, la natation conservera encore sa primauté sur les Jeux, qui lui vaut de dominer les soirées de Rio depuis le week-end dernier. Ensuite, dès aujourd'hui, les bassins partageront la vedette avec l'athlétisme.
Et lorsqu'on parle de piste, les regards se froncent depuis que les athlètes russes ont été exclus pour cause de dopage d'État organisé. Sebastian Coe, président de la fédération internationale (IAAF), a alterné mercredi entre fermeté et ouverture en accablant Moscou tout en évoquant son nécessaire retour, à terme. « Je crains que la Russie ait abandonné de manière cataclysmique ses athlètes », a-t-il lancé. Pour autant, « la priorité est de réintroduire cette fédération », a développé l'ex-double champion olympique du 1 500 m, même s'il n'existe pas encore de « cadre établi » qui permette cette réintégration.
Polémiques
Mais l'athlétisme n'est pas le seul sport touché. Contrôlés positifs, le boxeur irlandais Michael O'Reilly et l'haltérophile taïwanaise Lin Tzu-chi ont été mis hors jeu, comme le marcheur italien Alex Schwazer, dont le Tribunal arbitral du sport (TAS) a confirmé la suspension pour huit ans. L'entraîneur des haltérophiles allemands a, lui, dénoncé un dopage d'État dans les pays de l'Ex-URSS et certains autres pays d'Europe de l'Est. « Outre la Russie et la Bulgarie (déjà exclus des Jeux en haltérophilie), plusieurs autres pays ont recours au dopage systématique. Le Kazakhstan, le Belarus, l'Ouzbékistan, l'Arménie, la Moldavie, la Roumanie et l'Ukraine devraient également être exclus. Ces pays nous volent des places aux Jeux, et peut-être même des médailles », a accusé Oliver Caruso, dans un entretien au journal allemand Bild.
Une polémique d'un autre genre affleure en Éthiopie autour du nageur Robel Habte, bon dernier des séries du 100 m nage libre. Si « Robel la baleine » a terminé sa course avec un demi-bassin de retard sur ses concurrents, devenant la coqueluche du public, certains Éthiopiens ont rappelé qu'il n'est autre que le fils de Kiros Habte, le président de la Fédération éthiopienne de natation, soulevant la question d'un passe-droit pour sa sélection.
En tennis de table (ping-pong), la finale a couronné comme prévu une Chinoise, la n° 2 mondiale Ding Ning, qui était opposée à sa compatriote Li Xiaoxia, la championne olympique en titre. Il s'agissait d'une revanche de la finale 2012 à Londres, lors de laquelle Ding avait été pénalisée à de nombreuses reprises pour service irrégulier. Dans le tournoi d'escrime, le Hongrois Aron Szilagyi s'est mis dans les pas de Jean-François Lamour en conservant, à 26 ans, son titre olympique, performance qui n'avait plus été réalisée depuis le Français (1984-1988), alors que la Russe Inna Deriglazova, championne du monde en titre, a mis fin à 16 années d'hégémonie italienne au fleuret féminin. En outre, la Tunisienne Inès Boubakri est allée chercher la médaille de bronze, la première pour une femme africaine à l'escrime.
En équitation, dans l'épreuve de dressage, les cavaliers allemands occupaient la tête du classement provisoire, à la fois par équipes et en individuel, après la première journée de compétition mercredi. Par équipes, l'Allemagne devançait les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, tenante du titre olympique, auparavant propriété des Allemands depuis 1980. En individuel, les deux premières places provisoires étaient détenues par des Allemands, la première par Dorothée Schneider, en selle sur Showtime Frh, la deuxième par Sonke Rothenberger, sur Cosmo. La médaille d'or par équipes sera attribuée aujourd'hui, trois jours avant le titre en individuel.
(Source : AFP)

