Amine Gemayel en compagnie de l’ambassadrice des États-Unis, Elizabeth Richard.
L'ancien président de la République Amine Gemayel a affirmé hier que le pays est actuellement victime d'un « coup d'État blanc dont l'impact est devenu dangereux à l'échelle institutionnelle, sécuritaire, voire existentielle du pays ».
M. Gemayel s'est exprimé en ce sens au cours d'une réunion avec l'ambassadrice des États-Unis, Elizabeth Richard, qu'il a reçue au sérail de Bickfaya, et avec laquelle il a évoqué la vacance présidentielle et le dossier des déplacés syriens.
« Rares sont les pays qui, à l'instar du Liban, se targuent de démocratie et d'alternance des pouvoirs et sapent toutes les bases de l'action politique », a-t-il affirmé, estimant que « ce que vit aujourd'hui le pays est une sorte de coup d'État blanc, dont les conséquences ne diffèrent pas du coup d'État militaire, au niveau du sabordage de la Constitution et de la paralysie de l'État ».
Parmi les répercussions évoquées dans ce cadre par M. Gemayel, « le torpillage de toutes les institutions constitutionnelles, administratives et financières », mais aussi « les chantages ainsi que les menaces constantes de recourir aux armes pour régler les conflits politiques ». L'ancien président de la République dénonce également « l'attitude de certaines parties qui clament ouvertement leurs liens financiers, doctrinaux et stratégiques avec des parties non libanaises », estimant que cette position crée « une appréhension de la part des composantes libanaises qui ont sacrifié les martyrs les plus chers pour défendre la souveraineté ». « Cette réalité suscite beaucoup d'inquiétudes et d'interrogations sur l'avenir du pays au niveau de sa stabilité politico-sécuritaire, de son immunité financière et économique, de sa place au sein de la communauté internationale, de son unité et de son entité », a ajouté M. Gemayel, tirant la sonnette d'alarme sur ce plan : « Le Liban a vécu jusque-là beaucoup d'épreuves, parvenant à préserver son identité et son rôle, mais l'impasse dans laquelle il se trouve actuellement est pavée de dangers existentiels. »
Concernant le dossier des déplacés syriens, M. Gemayel a estimé qu'« il n'est pas normal que le Liban supporte seul tout le fardeau, sachant que les autres États arabes jouissent d'espaces immenses, de capacités financières énormes et de moyens qui dépassent de loin ceux du pays ». Et de souligner enfin qu'« il est inacceptable que les pressions s'exercent sur le Liban, seul, pour qu'il garde sur son territoire des déplacés dont le nombre a atteint près de la moitié du nombre des habitants ».


Le voilà qu'il se met à la peinture ! Artistique ou en bâtiment ? Peu importe pourvu que ça rapporte.
21 h 06, le 11 août 2016