Un convoi de soldats loyalistes, au nord de Aden, mardi. Nabil Hassan/AFP
La coalition arabe commandée par l'Arabie saoudite a lancé, hier, de nouveaux raids contre les rebelles au Yémen. Les raids aériens de la coalition alliée au pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi ont visé de nombreuses positions rebelles dans leur fief de la province septentrionale de Saada, selon des sources tribales.
La coalition a annoncé, de son côté, avoir intercepté deux missiles balistiques dirigés contre les villes saoudiennes d'Agha et de Khamis Mechit (Sud). En riposte, elle a bombardé les rampes de lancement situées dans la province de Omran, au nord de Sanaa. Selon l'agence rebelle Saba, un missile a été tiré sur une base militaire de Khamis Mechit.
Dans le nord du pays ravagé par la guerre, des combats entre forces gouvernementales yéménites, soutenues par la coalition arabe, et rebelles chiites houthis se poursuivent dans le secteur de Haradh qui fait face à la province méridionale saoudienne de Jazane, selon des responsables militaires loyalistes.
L'Onu et l'Iran s'inquiètent
Le porte-parole de la coalition arabo-sunnite, le général saoudien Ahmad al-Assiri, a justifié la reprise des raids par l'échec des négociations et les violations « par les rebelles » d'une trêve relative de trois mois. Dans une conférence de presse à Riyad, le ministre yéménite des Affaires Abdelmalek al-Mekhlafi a pour sa part accusé hier les rebelles de s'être livrés à « une escalade militaire » pour faire échouer les négociations de Koweït. Il a condamné à nouveau la formation par les houthis et leurs alliés, les partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, d'un « Conseil supérieur » pour gouverner le pays.
Cet organisme est « anticonstitutionnel », a-t-il déclaré en appelant les députés à ne pas participer à une réunion convoquée pour samedi par les rebelles pour approuver le Conseil en question. L'Onu et l'Iran se sont alarmés de la reprise des raids et des combats à grande échelle. « Le secrétaire général de l'Onu est profondément inquiet des informations sur l'intensification des combats dans les provinces de Hajjah, Saada et Sanaa », a déclaré l'un de ses porte-parole. « L'escalade aggrave la situation humanitaire et les souffrances du peuple yéménite. »
L'Iran a dénoncé l'« inaction » de la communauté internationale face aux « atrocités que font subir les Saoudiens au peuple yéménite ». Le ministère des Affaires étrangères à Téhéran a appelé l'Onu et les pays fournisseurs d'armes à l'Arabie saoudite à entreprendre des « efforts effectifs pour arrêter ces attaques et prendre les mesures nécessaires pour protéger les civils ».
Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a souligné, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue saoudien Adel al-Jubeir, « l'importance de parvenir rapidement à un cessez-le-feu permettant d'avancer vers une solution politique au conflit au Yémen », selon le Quai d'Orsay. La guerre au Yémen a fait plus de 6 400 morts et environ 30 000 blessés, sans parler des 2,8 millions de personnes déplacées.
(Source : AFP)

