Le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, au cours de sa conférence de presse.
Le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, a évoqué hier les difficultés financières auxquelles font face les hôpitaux privés, indiquant que si celles-ci ne sont pas résolues, les hôpitaux seront contraints de réduire leurs services.
M. Haroun s'exprimait lors d'une conférence de presse qu'il a tenue au siège du syndicat, au cours de laquelle il a évoqué de dures relations entre le secteur hospitalier privé et les tiers payants publics, indiquant que « les problèmes qui en découlent se répercutent sur l'activité des hôpitaux et leur capacité à accueillir tous les malades ». Il a appelé dans ce cadre « tous les responsables concernés par le secteur hospitalier » à « collaborer avec objectivité » pour résoudre la crise, assurant que cette coopération pourra « faire parvenir à des résultats satisfaisant les intérêts et les besoins de tous ».
Et M. Haroun de décrire la conjoncture financière déplorable des hôpitaux, en s'interrogeant : « Pourquoi est-il demandé aux hôpitaux de présenter et d'accroître des services conformes aux normes internationales de qualité, alors qu'ils sont toujours dans l'attente de voir le ministère de la Santé, le ministère des Finances et la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) régler leurs factures – s'élevant à 1660 milliards de livres libanaises ? » Il a également déploré « un étau qui encercle les hôpitaux privés en raison de l'hésitation des banques à leur accorder désormais des facilités, en même temps que des demandes pressantes de droguistes et de fournisseurs d'équipements cherchant à encaisser leurs créances et refusant de livrer leurs produits avant d'être payés ».
M. Haroun a en outre souligné qu'« après avoir entrepris en vain de nombreux contacts avec les responsables, les hôpitaux privés se trouvent maintenant au bord d'une grande impasse dans laquelle ils sont forcés de réduire le nombre d'admissions », ce qui, a-t-il dit, revient à « faire également payer le prix aux malades ».
« Les retombées négatives de la situation financière des hôpitaux se répercutent aussi sur les opportunités de travail », a estimé par ailleurs le président du syndicat des hôpitaux. «25 000 employés et 7 000 médecins œuvrent au sein d'établissements hospitaliers privés, lesquels collaborent également avec des commerçants et des entreprises, garantissant ainsi des emplois à plus de 100 000 personnes », a-t-il précisé. Il a indiqué dans ce cadre que « l'incapacité d'un hôpital à assumer ses charges financières peut avoir un impact négatif sur le train de vie de centaines de milliers de Libanais, à l'ombre d'une grande crise de chômage dont pâtit le pays ».
Enfin, en réponse à une question, M. Haroun a dénoncé l'inégalité de traitement entre les hôpitaux privés et les hôpitaux publics quant au règlement des sommes dues, évoquant « des factures à la charge d'hôpitaux publics qui ont été payées par le ministère des Finances ».

