Le patriarche Grégoire III Laham célébrant le quarantième des victimes de Qaa en l’église Saint-Élie. Photo Ani
Une messe a été célébrée hier en l'église Saint-Élie à Qaa, pour le quarantième des cinq victimes des attentats-suicide simultanés ayant secoué cette bourgade de la Békaa-Nord le 27 juin dernier. Le patriarche grec-catholique melkite d'Antioche et de tout l'Orient, Grégoire III Laham, a présidé la messe en présence du député Marwan Farès, représentant le président de la Chambre et le Premier ministre, le général retraité Charles Ata, représentant le ministre du Tourisme Michel Pharaon, le député Émile Rahmé, des représentants du commandement et de l'armée et des services de sécurité, ainsi que des notables de la région. Dans son homélie, Mgr Laham a tenu d'abord à remercier les services militaires et sécuritaires qui « se sont précipités de faire preuve de solidarité avec Qaa, au lendemain de la tragédie qui nous a profondément émus ». Liant ensuite les attentats de Qaa à « ce qui se passe dans les capitales et les villes du monde, ainsi qu'en Syrie, en Irak, dans d'autres pays arabes et en Palestine depuis 68 ans », le prélat a estimé que « les crimes qui minent l'humanité dans son ensemble ont une seule raison : le péché et l'éloignement de Dieu ». Ce faisant, il a lancé depuis Qaa « un appel spirituel pour une alliance de foi globale qui garantisse la paix aux générations futures à l'échelle du monde ».
Points d'interrogation sur l'enquête
Dans une allocution de circonstance, le président du conseil municipal de Qaa, Bachir Matar, a tenu à préciser que « même si l'on présume que Qaa n'était pas la cible première des terroristes, cela n'exclut pas que les victimes des attentats sont tombées pour le pays, son peuple, son État et son armée ». Il a posé ensuite une série de questions concernant l'enquête en cours sur les attentats de juin. « Il est de notre droit de savoir où en est l'enquête, quelle est l'identité des terroristes, d'où se sont-ils infiltrés et avec l'aide de qui. Y avait-il des Libanais parmi eux ? » En outre, M. Matar a exprimé deux requêtes à l'adresse de l'État: déférer le dossier des attentats à la Cour de justice et transformer la région des Macharii de Qaa en « zone militaire, renforcée par des unités militaires supplémentaires et la création d'une caserne, dans le cadre d'un plan qui replace cette région sous le contrôle de l'État ».
Le président du conseil municipal avait participé samedi soir à une cérémonie d'inauguration du « mémorial des martyrs de Qaa », érigé sur la place Saint-Élie, place centrale du village. Les photos des cinq victimes des attentats sont hissées derrière une statue sur laquelle leurs noms ont été gravés. La cérémonie d'inauguration a comporté un temps de prière, conduit par le prêtre de la paroisse, le P. Lyan Nasrallah. Il a évoqué « la profonde tristesse de Qaa », tout en affirmant que « les martyrs tombés pour leur terre sont des saints, ce qui devrait muer notre tristesse en joie ». Le créateur du mémorial, Chahid Balkiss, ainsi que l'avocat Nicolas Matar ont eux aussi prononcé des allocutions de circonstance.

