Deux enfants ont été tués et d’autres ont été blessés hier dans deux camps de déplacés, bombardés vraisemblablement par des avions russes dans la province septentrionale d’Alep. Ammar Abdallah/Reuters
La Russie a accusé hier les États-Unis de soutenir des rebelles syriens qui utilisent des gaz chimiques contre la population civile et d'avoir tué des centaines de civils dans des frappes aériennes. Dans un communiqué mis en ligne sur les réseaux sociaux, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, qualifie d' « animaux » les combattants d'un groupe de l'Armée syrienne libre (ASL) qui ont, selon elle, mené une attaque chimique le 2 août dans la province d'Alep, tuant sept personnes. Le groupe mentionné par Moscou, Nour al-Zinki, qui a bénéficié de financements américains, avait été mis en cause le mois dernier après la décapitation d'un adolescent à Alep par un homme identifié par des activistes syriens comme un combattant du groupe. « Les États-Unis soutiennent ces animaux qui utilisent des gaz toxiques contre la population civile », écrit Maria Zakharova dans son communiqué. « Malheureusement, ce n'est pas la seule tragédie dont les modérés soutenus par Washington sont responsables », ajoute-t-elle.
La porte-parole du ministère russe accuse par ailleurs les États-Unis d'avoir bombardé de manière aveugle des quartiers résidentiels de la ville de Manbij, que les Forces démocratiques syriennes (FDS), composées majoritairement de miliciens kurdes, tentent de reprendre au groupe État islamique (EI) avec le soutien aérien de la coalition internationale formée par Washington. Ces accusations de Moscou font écho à celles que formulent régulièrement les Occidentaux et leurs alliés contre le régime du président syrien Bachar el-Assad et l'aviation russe qui le soutient.
Malgré ce climat de tensions, les Nations unies restent confiantes dans une reprise des pourparlers sur la paix en Syrie à la fin août, selon l'envoyé spécial adjoint de l'Onu sur la Syrie, Ramzy Esseldin Ramzi. À l'issue d'une réunion à Genève du groupe de travail sur l'aide humanitaire de l'Onu à la Syrie, M. Ramzi a déclaré à la presse « qu'au cours des prochains jours, il va peut-être y avoir des mouvements ». Selon M. Ramzi, qui était dernièrement à Damas, « d'intenses négociations sont en cours » pour la reprise des pourparlers, interrompus depuis plusieurs mois. Il a notamment indiqué que Russes et Américains discutaient du sort de la Syrie, sans autre précision. Interrogé sur la participation de l'opposition syrienne aux discussions, M. Ramzi a répondu qu'« il n'y a pas de pourparlers de paix sans l'opposition, il n'y a aucun doute à ce sujet et nous sommes en discussions avec eux ».
Camps de déplacés
Sur le terrain, deux enfants ont été tués et d'autres ont été blessés hier dans deux camps de déplacés, bombardés vraisemblablement par des avions russes dans la province septentrionale d'Alep, a rapporté l'Observatoire sSyrien des droits de l'homme (OSDH). « Des avions militaires vraisemblablement russes ont mené huit raids sur une zone où se trouvent deux camps de déplacés (...) à Atareb à l'ouest de la ville d'Alep », a dit à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Ce n'est pas la première fois que les raids aériens touchent des camps de déplacés en Syrie. Début mai, 28 civils au moins avaient été tués par un raid sur un camp de déplacés dans la province d'Idleb. Moscou et Damas avaient nié toute implication.
Enfin, des organismes de l'Onu ont annoncé hier avoir livré « une aide urgente » à plus de 75 000 syriens bloqués à la frontière jordanienne, pour la première fois depuis l'établissement le 21 juin par Amman d'une « zone militaire fermée » à cet endroit.
(Sources : agences)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine