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Sport

Charles Devendeville, 1er Français sur un podium et 1er à tomber en 1914

Un champion, un destin
OLJ
04/08/2016 | 00h00

Parfois il ne fait pas bon être le premier : Charles Devendeville, premier champion olympique français de natation en 1900 à Paris, fut aussi le premier médaillé d'or tricolore à tomber au combat, au tout début de la Grande Guerre, en septembre 1914.
Excellent joueur de water-polo, Charles Devendeville, affilié au club des Tritons lillois, voit le jour le 8 mars 1882 à Lesquin, dans le Nord. À 18 ans, alors que Paris accueille la 2e édition des Jeux olympiques de l'ère moderne, relancés en 1896 par le baron français Pierre de Coubertin, le Nordiste prend part d'abord au tournoi olympique de water-polo, mais son équipe est rapidement éliminée. « Une autre équipe nordiste, l'équipe 2 des Pupilles de Neptune de Lille, finira elle avec la médaille de bronze », raconte Jean-Pierre Guilbert, historien du sport, qui s'intéresse depuis des années aux quelque 150 médaillés olympiques du Nord-Pas-de-Calais.
Mais la grande spécialité de Devendeville est la nage sous-marine. C'est dans cette épreuve éphémère, supprimée après les JO de 1900, qu'il va marquer l'histoire. Le 12 août 1900, entre le pont de Courbevoie et le pont d'Asnières, il remporte l'épreuve du 60 m de nage sous l'eau et devance son partenaire de club André Six, médaillé d'argent. « Les nageurs devaient parcourir le plus lentement possible les 60 m en rasant le fond du bassin. On accordait un point par mètre parcouru, deux points par seconde passée sous l'eau », précise M. Guilbert, qui a fouillé les archives du Centre d'études du CIO à Lausanne, en Suisse.
Le Danois Peter Lykkeberg, médaillé de bronze, était certes resté le plus longtemps en apnée, mais c'est bien le Lesquinois qui, en une minute, a parcouru la plus longue distance. La France remporta au total 5 médailles en natation en 1900, dont l'argent et le bronze dans le 200 m par équipe pour les Tritons lillois et les Pupilles de Neptune.
Devendeville, comme de nombreux sportifs et olympiens français, est mobilisé en 1914 « comme simple soldat », ajoute M. Guilbert, et, dès le début du conflit, il est incorporé au sein du 1er Régiment d'infanterie. Moins de deux mois après la mobilisation, il meurt des suites de ses blessures, le 19 septembre 1914, à Reims. « On ne sait rien sur les circonstances de sa mort », ajoute l'historien nordiste, qui n'a retrouvé aucun descendant du champion ressorti de l'oubli. La Grande Guerre emportera neuf médaillés olympiques français, dont le célèbre athlète Jean Bouin, médaillé d'argent sur 5 000 m à Stockholm en 1912. Deux autres champions olympiques disparaissent, tous deux en 1917 : Gaston Alibert, premier champion olympique tricolore à l'épée à Londres en 1908, et Léon Flameng, champion olympique de cyclisme à Athènes en 1896 sur l'épreuve des 100 km.
Cent ans après sa disparition, une stèle à la mémoire de Charles Devendeville a été inaugurée le 12 octobre 2014, à Lesquin, devant le bien nommé complexe sportif... Teddy-Riner, devenu champion olympique à Londres un siècle après la disparition de son illustre aîné.
Éric BERNAUDEAU/AFP

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