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Liban - La Situation

Pressions accrues pour un déblocage hypothétique

L’ancien président Amine Gemayel croisant Nader Hariri, chef de cabinet de Saad Hariri, chez le patriarche Raï. Photo Émile Eid

À présent que les graines du blocage et de la vacance présidentielle ont été bien semées par les acteurs locaux, on pouvait naturellement s'attendre à ce que la récolte qui s'ensuit soit essentiellement faite d'interventions extérieures dans le processus en cours.
Mais à défaut d'un accord interrégional qui aurait permis de pourvoir, dans un de ses chapitres annexes, à l'élection d'un président de « consensus » derrière lequel se rangerait vaille que vaille l'essentiel des formations politiques libanaises, les pressions accrues en provenance de l'extérieur visent paradoxalement, à ce stade, à réinstaurer le caractère libanais de l'échéance présidentielle.
En somme, tout se passe comme si les joueurs de l'intérieur lançaient la balle présidentielle dans la cour des grandes puissances, lesquelles à leur tour la ramèneraient dare-dare à l'intérieur.


C'est bien le sens de la démarche entreprise ces jours-ci par les membres du Groupe international de soutien au Liban, créé à New York en septembre 2013 et dont les ambassadeurs se sont réunis vendredi sous l'égide du représentant à Beyrouth du secrétaire général de l'ONU, Derek Plumbly. Ce dernier, qui s'est rendu hier chez le président de la Chambre, Nabih Berry, s'est fait l'écho de cette préoccupation grandissante de la communauté internationale devant le scénario du vide que les Libanais mettent au point chaque jour un peu plus pour leur plus haute magistrature.

 

(Repère : Qui, quand, comment... Le manuel de l'élection présidentielle libanaise)


C'est que les acteurs internationaux semblent mesurer avec précision les véritables risques qui menacent le Liban en cas de vacance présidentielle prolongée. Certains milieux s'efforçaient de suggérer que la même logique positive qui avait prévalu pour la formation du gouvernement – et qui prévaut en ce moment même pour ce qui est de l'action plutôt sereine du Conseil des ministres – finirait par s'imposer à l'échéance présidentielle.
Il n'en est rien, souligne-t-on de sources informées quatorze-marsistes ou même centristes : après le 25 mai, date d'expiration du mandat du président Michel Sleiman, il y aurait une nouvelle donne au cas où le palais de Baabda resterait vide et que la tête de l'exécutif serait assumée de façon intérimaire par le gouvernement. Il se pourrait très bien alors, observe-t-on de mêmes sources, que le Hezbollah et ses alliés soient amenés, sous divers prétextes, à boycotter les séances du Conseil des ministres, ce qui paralyserait totalement l'exécutif et jetterait le pays dans l'inconnu... en attendant cette fameuse Constituante que le secrétaire général du Hezb, Hassan Nasrallah, appelait de ses vœux l'année dernière.
De là la mise en garde lancée il y a quelques jours, sur le ton du cri d'alarme, par le chef de l'État contre cette Constituante, celle-ci ne pouvant, logiquement, avoir d'autre raison d'être que de mettre fin légalement à la parité islamo-chrétienne au Liban.

 

(Voir : Qu'attendez-vous du prochain président? Les Libanais répondent)


À Bkerké, où l'on est conscient des périls qui s'amoncellent, on cherche à parer à tout prix à toute possibilité de vacance présidentielle... jusqu'à envisager le maintien à caractère intérimaire du président Sleiman après le 25 mai, et ce jusqu'à l'élection d'un successeur ; un peu comme ce que proposait récemment le député Hadi Hobeiche (Akkar, bloc du Futur).
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdel Mouttaleb Hennaoui, qui compte parmi le lot de ministres relevant du président de la République, ayant fait une suggestion similaire hier, nombre de médias en ont rapidement conclu que l'entourage du chef de l'État y serait favorable. Il n'en est rien, assure-t-on de source proche de Baabda. Comment le président Sleiman, qui avait présenté devant le Conseil constitutionnel un recours en invalidation de la loi d'autoprorogation de la législature pourrait-il accepter pour lui-même une telle prorogation ? s'interroge cette source.


En attendant d'y voir plus clair, les actions concertées s'intensifient autour de Bkerké : hier l'ancien président Amine Gemayel a poursuivi aux côtés du patriarche Béchara Raï ses efforts en cours pour dégager un consensus minimal interchrétien pendant que Samy Gemayel, député du Metn, s'entretenait à Paris avec le chef du courant du Futur, Saad Hariri.
Ce dernier, de son côté, a dépêché chez Mgr Raï son chef de cabinet, Nader Hariri, qui a réaffirmé essentiellement l'intention du Futur de s'en remettre à toute décision que prendraient les chrétiens entre eux.


Mais on ne s'attend guère, dans les divers milieux politiques, à ce qu'une avancée significative survienne d'ici à jeudi, date de la quatrième séance convoquée par le président de la Chambre pour l'élection d'un président de la République. Cette séance devrait donc connaître le sort de celles qui l'ont précédée, à savoir le défaut de quorum.
Au-delà, commence la dernière ligne droite jusqu'au 25 mai (les fameux dix jours au cours desquels la Chambre est considérée en session électorale permanente) : du fait notamment des pressions internationales, une brèche est encore possible, soit au cours de cette période-là, soit, comme le suggèrent certaines sources, quelques jours ou semaines plus tard.
D'aucuns conseillent de faire en sorte que l'élection du chef de l'État ait lieu après la date de la présidentielle très contestée en Syrie, le 3 juin, afin d'épargner au nouveau président libanais d'avoir à féliciter Bachar el-Assad pour sa réélection...

 

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À présent que les graines du blocage et de la vacance présidentielle ont été bien semées par les acteurs locaux, on pouvait naturellement s'attendre à ce que la récolte qui s'ensuit soit essentiellement faite d'interventions extérieures dans le processus en cours.Mais à défaut d'un accord interrégional qui aurait permis de pourvoir, dans un de ses chapitres annexes, à l'élection d'un président de « consensus » derrière lequel se rangerait vaille que vaille l'essentiel des formations politiques libanaises, les pressions accrues en provenance de l'extérieur visent paradoxalement, à ce stade, à réinstaurer le caractère libanais de l'échéance présidentielle.En somme, tout se passe comme si les joueurs de l'intérieur lançaient la balle présidentielle dans la cour des grandes puissances, lesquelles à leur tour...
commentaires (3)

Triste de constater encore et toujours que les responsables libanais ne sont pour rien pour pour l'élection d'un président de « consensus »et il faudra attendre les ordres des grandes capitales occidentales .

Sabbagha Antoine

16 h 16, le 13 mai 2014

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Commentaires (3)

  • Triste de constater encore et toujours que les responsables libanais ne sont pour rien pour pour l'élection d'un président de « consensus »et il faudra attendre les ordres des grandes capitales occidentales .

    Sabbagha Antoine

    16 h 16, le 13 mai 2014

  • Ouhhh lala ! la derniere suggestion de faire elire notre pdt après le 3 Juin ... ouhhh laaaaa , de la grande fumisterie .... Il suffirait que la communaute chiite se sente protégée par le nouveau locataire de Baabda pour que celui ci soit elu les 2 doigts dans le nez. C'est aussi simple que ca . L'actuel pretendant du 14 evanescent est NOT RELIABLE ! that's it .

    FRIK-A-FRAK

    14 h 15, le 13 mai 2014

  • Et si on leur rappelait leurs Mandataires Français, du début du siècle dernier dépassé ? De la sorte, ils ficheraient enfin la paix au monde entier !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 01, le 13 mai 2014

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