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L'Autriche refuse de se laisser "intimider" par la Turquie

Le chancelier autrichien, Christian Kern, a rejeté mardi toute tentative d'intimidation turque, sur fond de regain de tensions à la suite du coup d'Etat manqué du 15 juillet et d'incertitudes concernant l'accord UE-Turquie sur les réfugiés.

"Nous ne nous laisserons en aucun cas intimider", a déclaré M. Kern au quotidien Österreich, affirmant faire personnellement l'objet de "menaces de mort" provenant de "la frange droite et de radicaux appartenant à la communauté turque" en raison de ses critiques répétées envers Ankara.

Le dirigeant social-démocrate a notamment invité l'UE a faire preuve d'une fermeté redoublée dans ses pourparlers en vue d'une exemption de visa pour les ressortissants turcs, exigée par le président Recep Tayyip Erdogan.
"Nous ne sommes pas en position de demandeurs. L'Union européenne a les meilleures cartes en main. Nous avons certes besoin de la Turquie, mais celle-ci a encore davantage besoin de nous sur le plan économique, à moins de risquer une faillite d'Etat", estime M. Kern dans Österreich.

Il a formellement récusé des propos de M. Erdogan, qui avait accusé vendredi l'Autriche et l'Allemagne d'"empêcher" les ressortissant turcs de manifester, après que Berlin eut interdit à celui-ci de s'exprimer par vidéo au cours d'une manifestation turque à Cologne.

L'Autriche, comme l'Allemagne, compte une importante communauté turque et veut éviter une importation des divisions politiques à l'oeuvre en Turquie. Fin juillet, le maire d'une commune proche de Vienne, Wiener Neustadt, avait à cet effet interdit de pavoiser fenêtres et balcons de drapeaux turcs.
"Je n'ai rien contre les Turcs, je critique les procédés de M. Erdogan et des radicaux. Ils prennent en otage la masse des Turcs", souligne mardi M. Kern dans Österreich.

Lundi, le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, avait dénoncé sur Twitter un "ultimatum" du Premier ministre Mevlut Cavusoglu qui, dans un entretien avec le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung, avait fait planer dimanche la menace d'une dénonciation de l'accord UE-Turquie sur les réfugiés si Bruxelles n'exemptait pas les Turcs de visa d'ici à octobre.
L'Union européenne fait notamment dépendre cette exemption du respect de la liberté d'expression en Turquie, particulièrement mise à mal par les mesures qui ont succédé au coup d'Etat manqué du 15 juillet.

Un ténor du parti social-démocrate de M. Kern, Josef Cap, a qualifié de "plaisanterie" le fait que la Turquie exige la liberté de circulation en Europe de ses ressortissants, tout en frappant certains opposants d'une interdiction de sortie du territoire.
La fermeté vis-à-vis d'Ankara fait l'objet d'un large consensus dans la classe politique autrichienne, tant au sein de la grande coalition au pouvoir que parmi les parti d'opposition FPÖ (extrême droite) et Vert.

Le chancelier autrichien, Christian Kern, a rejeté mardi toute tentative d'intimidation turque, sur fond de regain de tensions à la suite du coup d'Etat manqué du 15 juillet et d'incertitudes concernant l'accord UE-Turquie sur les réfugiés."Nous ne nous laisserons en aucun cas intimider", a déclaré M. Kern au quotidien Österreich, affirmant faire personnellement l'objet de "menaces de mort" provenant de "la frange droite et de radicaux appartenant à la communauté turque" en raison de ses critiques répétées envers Ankara.Le dirigeant social-démocrate a notamment invité l'UE a faire preuve d'une fermeté redoublée dans ses pourparlers en vue d'une exemption de visa pour les ressortissants turcs, exigée par le président Recep Tayyip Erdogan."Nous ne sommes pas en position de demandeurs. L'Union européenne a les meilleures...