Le Comité international olympique (CIO) a renoncé à « l'option nucléaire » : il a maintenu hier le Comité olympique russe (Roc) et seulement confié aux fédérations internationales le soin de trier les sportifs russes non contaminés par le « système de dopage d'État » qui pourraient aller aux Jeux de Rio. Seuls les athlètes sont pour l'instant éliminés des JO cariocas (5-21 août), après la confirmation par le Tribunal arbitral du sport (Tas), jeudi dernier, du droit de la Fédération international d'athlétisme (IAAF) de suspendre collectivement l'athlétisme russe.
« Cela ne plaira sans doute pas à tout le monde », a reconnu le président du CIO, Thomas Bach, hier après-midi, en regrettant qu'un journal comme le Times britannique ait par exemple « lancé une campagne » pour l'exclusion de la Russie. « Il s'agit simplement de rendre justice aux athlètes », a insisté M. Bach, en refusant de répondre à la question de savoir s'il avait fait preuve de « faiblesse » face à la Russie. Cette dernière s'est montrée « reconnaissante » de la décision « objective » du CIO, voulant croire qu'une « majorité » des sportifs sélectionnés par le Roc iront à Rio, a assuré le ministre russe des Sports, Vitali Moutko.
Stepanova privée de Jeux
Le CIO n'a donc pas pris pour la Russie la mesure qu'il avait su prendre, à l'automne 2015, en suspendant le Comité olympique koweïtien pour « ingérence gouvernementale indue ». Par le passé, le CIO avait exclu l'Afghanistan des talibans des JO de Sydney 2000, et l'Afrique du Sud de l'apartheid durant sept Jeux successifs, de 1964 à 1988. Aucune nation jusqu'à présent n'a été sanctionnée pour dopage. Après la publication du rapport McLaren, M. Bach avait pourtant évoqué « une atteinte choquante et sans précédent à l'intégrité des sports et des JO ». Et les pressions pour une exclusion de la Russie étaient nombreuses.
Si sanction il y a eu de la part du CIO, elle a visé Yuliya Stepanova, la lanceuse d'alerte à l'origine des révélations sur le dopage russe dans un documentaire de la chaîne de télévision allemande ARD, en décembre 2014. « Malgré sa contribution à la protection des athlètes propres », précise le communiqué du CIO, cette spécialiste du 800 m ne sera pas autorisée à courir à Rio car elle a été sanctionnée pour dopage dans le passé.
En confiant aux fédérations internationales le soin de trier parmi les sportifs russes, le CIO a en effet indiqué plusieurs critères stricts qu'elles devront respecter. Et notamment celui de ne retenir aucun athlète ayant été condamné pour dopage dans le passé, quand bien même il aurait déjà purgé sa peine. Cet argument devrait susciter de nombreuses critiques en Russie et ailleurs : Justin Gatlin, sprinteur américain, est en lice pour le titre olympique sur 100 m à Rio après avoir été deux fois suspendu pour dopage, pendant cinq ans au total.
Combien de Russes à Rio ?
Pour sélectionner les sportifs réellement propres, les fédérations internationales devront également « étudier avec soin » le CV antidopage des candidats, en s'assurant qu'ils ont tous subi des « contrôles crédibles », et donc faits ailleurs qu'en Russie, a précisé le communiqué du CIO.
Combien donc seront les sportifs russes au Brésil ? Une certitude : il y aura Darya Klishina, la seule athlète repêchée par l'IAAF. Mais qu'en sera-t-il des volleyeurs, champions olympiques à Londres en 2012, des lutteurs, revenus d'Angleterre avec 11 médailles, ou d'Aliya Mustafina, la gymnaste en or olympique aux barres asymétriques ? Les autres fédérations seront-elles aussi strictes que l'IAAF ? Mercredi, le Roc avait couché 387 noms au total sur sa liste. Ils ne sont déjà plus que 320 avec l'exclusion définitive de 67 des 68 athlètes engagés. Certaines fédérations ne semblaient pas pressées de prendre des sanctions. Si elles refusaient de jouer le jeu, le dernier mot resterait cependant au CIO. La règle 44 de la charte olympique lui donne le droit d'accepter ou non l'inscription de chaque sportif. Le casse-tête semble insoluble, à 12 jours du coup d'envoi des JO. Car il faudra aussi compter avec les inévitables recours des athlètes russes recalés devant le Tas.
(Source : AFP)
Les États-Unis avec 555 athlètes
Les États-Unis seront représentés aux JO de Rio par 555 sportifs, dont 292 femmes, un record pour une délégation olympique américaine, a annoncé samedi le Comité olympique américain (Usoc). Les États-Unis participeront à 244 des 306 épreuves au programme, a ajouté l'Usoc, qui n'a en revanche fixé aucun objectif de médailles à sa délégation. Cette dernière sera emmenée par la star de la natation Michael Phelps, qui disputera à 31 ans ses 5es JO. Sur les 555 sportifs, 364 feront leurs débuts olympiques à Rio. Cette délégation comprend 108 médaillés olympiques, à Londres ou avant, dont 68 champions olympiques (53 remettront en jeu leur titre à Rio, dont 19 dans des épreuves individuelles).
Premiers JO pour trisomiques
Au stade athlétique Luigi Ridolfi, à Florence en Italie, les applaudissements retentissent chaudement dans les tribunes. Mais les stars qu'acclame le public pour le 200 m et le relais ne sont ni Usain Bolt ni Shelly-Ann Fraser-Pryce, ce sont des athlètes atteints du syndrome de Down (ou trisomie 21 – T21). Avec près d'un millier d'autres sportifs T21 venus du monde entier, ils ont participé, en fin de semaine passée, au dernier jour des Trisome Games, première compétition mondiale qui leur est dédiée. Parallèlement, la question que posent ces Trisome Games est la possibilité de réintégrer les sportifs porteurs du syndrome de Down aux Jeux paralympiques, dont ils sont exclus depuis 2004.

