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Liban - Pollution

Bou Faour : Le manque d’oxygène, principale cause de la mort des poissons

Le ministre de la Santé était en tournée sur le Litani.

Une vue générale du lac Karaoun. Photo Saïd Maalaoui

Au cours d'une tournée samedi dans les villages avoisinant le fleuve du Litani et le lac Karaoun, suite au scandale du décès en masse de poissons dans le lac, le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, a précisé que des analyses sont en cours, mais que les premiers résultats montrent que les poissons sont morts en raison d'un manque d'oxygène dans l'eau, non de la pollution du lac, et que leur consommation ne présente d'emblée aucun risque majeur. Lundi dernier, il avait appelé le public à ne plus manger de poissons provenant de ce lac jusqu'à la publication des résultats des analyses.
« Il n'y a pas de causes nouvelles pour la mort subite des poissons dans le Litani, a affirmé le ministre. Les analyses ont montré que le taux d'arsenic n'est pas supérieur à la normale, mais il y a un manque d'oxygène dans l'eau, ce qui a conduit à l'asphyxie des poissons. Les résultats de certaines analyses ne sont pas encore prêts, mais il n'y a d'emblée pas de risques majeurs à consommer les poissons. »
« Il existe deux problèmes au niveau du Litani, a poursuivi le ministre. L'un est lié au fleuve lui-même, l'autre au lac, qui présente des taux importants d'ammoniac. Cette matière n'a cependant pas été décelée dans les poissons. » Et d'ajouter : « Les facteurs de pollution du lac sont bien connus, suivant les analyses scientifiques du ministère de la Santé, de l'Institut d'études agricoles et du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS). Comme le dit Mouïne Hamzé (NDLR : secrétaire général du CNRS), le lac se meurt biologiquement peu à peu. Cela prouve que le problème se pose au niveau du fleuve Litani lui-même, non du lac : si ce dernier est pollué, c'est parce que les eaux du fleuve s'y déversent en charriant les polluants. »
Insistant sur « l'ampleur de la pollution au niveau du fleuve », M. Bou Faour a précisé : « Il ne s'agit pas d'un simple problème d'eaux usées ou de taux de métaux lourds dans l'eau. Nous devons nettoyer le cours du fleuve qui se transforme en dépotoir à ciel ouvert. Cela relève de la responsabilité de l'État, mais aussi des industries, des grandes institutions et du citoyen lui-même. » Il a demandé « aux forces de l'ordre et à la justice de se saisir du dossier et d'empêcher les établissements concernés de jeter leurs déchets dans le fleuve », se demandant « où est la société civile, et notamment locale ».

Carrières, égouts...
L'affaire de la pollution du Litani s'envenime depuis plusieurs jours. Mercredi, le président du Parlement Nabih Berry avait tiré la sonnette d'alarme, appelant les autorités compétentes à assumer leurs responsabilités et à protéger le fleuve du sable des carrières qui avaient jauni ses eaux, au grand désespoir des propriétaires de cafés et de parcs aménagés sur les rives du fleuve à Tayr Felsay et à Sir (Liban-Sud).
Ces derniers ont d'ailleurs appelé à manifester pacifiquement lundi prochain pour protester contre les « activités illicites » responsables de la pollution des eaux du fleuve, utilisé comme déversoir par toutes les carrières en amont des sites touristiques. M. Berry avait également dénoncé l'utilisation du cours d'eau, en amont du lac de Karaoun, où son cours serpente et, par endroits, stagne, ainsi que sur le lac artificiel lui-même, pour y déverser toutes les eaux usées des villes et villages situés de part et d'autre de ses rives.
Vendredi, en marge du Conseil des ministres, plusieurs responsables avaient dénoncé ce « désastre écologique », notamment le ministre de l'Industrie Hussein Hajj Hassan qui a appelé à la mise en place d'un « programme national pour traiter ce dossier ».
De son côté, le ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, a indiqué que les nappes phréatiques et l'agriculture étaient menacées si les mesures nécessaires n'étaient pas prises. Le ministre du Développement administratif, Nabil de Freige, a dénoncé l'égout à ciel ouvert qu'est devenu le Litani. « La pollution la plus grave ne provient pas des carrières, mais des eaux usées qui se déversent dans le fleuve », a toutefois estimé le ministre, qui se montre sensible à l'augmentation en nombre des « usagers » du fleuve, du fait de la présence massive de réfugiés syriens dans la Békaa.

Au cours d'une tournée samedi dans les villages avoisinant le fleuve du Litani et le lac Karaoun, suite au scandale du décès en masse de poissons dans le lac, le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, a précisé que des analyses sont en cours, mais que les premiers résultats montrent que les poissons sont morts en raison d'un manque d'oxygène dans l'eau, non de la pollution du lac, et que leur consommation ne présente d'emblée aucun risque majeur. Lundi dernier, il avait appelé le public à ne plus manger de poissons provenant de ce lac jusqu'à la publication des résultats des analyses.« Il n'y a pas de causes nouvelles pour la mort subite des poissons dans le Litani, a affirmé le ministre. Les analyses ont montré que le taux d'arsenic n'est pas supérieur à la normale, mais il y a un manque d'oxygène dans l'eau, ce qui...
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