Supplément de bagages pour l'Espagne : l'improbable défaite contre la Géorgie, mardi en amical (0-1), a épaissi les doutes des doubles champions d'Europe en titre à l'heure de rejoindre, hier, leur camp de base sur l'île de Ré.
Jusqu'à cet ultime match de préparation, tout allait bien pour la Roja à l'approche de l'Euro, avec des démonstrations contre la Bosnie (3-1) et la Corée du Sud (6-1). Le sélectionneur Vicente Del Bosque avait même parlé, lundi, de « préparation rêvée » pour son équipe, qui avait pourtant dû composer sans plusieurs cadres arrivés tardivement. Et puis, patatras ! La Géorgie, modeste 137e nation mondiale, a réussi à neutraliser les stars espagnoles, renvoyées aux démons de leur fiasco au 1er tour du Mondial 2014. « Ce résultat ne doit pas nous affliger. Cela ne doit pas nous empêcher d'aborder l'Euro sans la moindre pointe de crainte », a néanmoins dédramatisé Del Bosque.
Son équipe a des circonstances atténuantes, comme l'accablante chaleur qui régnait à Getafe (banlieue de Madrid) ou la crainte d'une blessure qui interdisait de se livrer à fond. En outre, le sélectionneur avait aligné une équipe mêlant titulaires et remplaçants habituels. Quand les cadors Andres Iniesta ou David Silva sont entrés après la pause, la Roja a aussitôt retrouvé du brio. Bref, les trois matches de préparation disputés ont au moins servi à tester de nouvelles options offensives (Lucas Vazquez, Aritz Aduriz, Nolito ou Alvaro Morata). Et à constater que les cadres ont globalement répondu présents, même si le but géorgien est venu d'un relâchement de l'expérimenté défenseur Sergio Ramos.
Quel portier ?
Avec leur défense très compacte et leur sens du sacrifice, les Géorgiens auront sans doute donné des idées aux futurs adversaires des Espagnols, à commencer par la République tchèque lundi prochain à Toulouse (groupe D). Malgré sa possession de balle hégémonique, la Roja est retombée mardi dans son principal travers : la stérilité offensive face aux blocs très regroupés, stratégie souvent comparée en Espagne à un « autobus » garé devant la cage. Pour autant, les Espagnols ont eu des occasions. Il ne leur a manqué que la réussite, comme cette frappe de Thiago Alcantara sur le poteau. Et Del Bosque a dit et répété ces derniers temps que ses joueurs n'allaient pas abandonner le jeu de passes qui les a consacrés à l'Euro 2008, au Mondial 2010 et à l'Euro 2012.
Parmi les grandes nations de l'Euro, l'Espagne est la seule à n'avoir pas encore désigné son gardien titulaire. Et le débat fait rage entre l'emblématique capitaine Iker Casillas (35 ans, 167 sélections), jugé vieillissant, et son cadet David de Gea (25 ans, 9 sélections), inexpérimenté mais impérial avec Manchester United. Del Bosque a promis une « transition douce » entre les deux portiers. Mais il n'a donné aucune piste : « Pour voir qui jouera contre la République tchèque lors du 1er match, nous devons attendre le 13 juin. » Globalement, la presse espagnole estime que l'heure est venue de lancer De Gea dans le grand bain en France.
(Source : AFP)

