L'état de grâce est bel et bien terminé pour Gianni Infantino. Élu le 26 février à la présidence de la Fifa pour réformer une instance gangrenée par la corruption, les trois premiers mois de mandat du successeur de Joseph Blatter sont loin de faire l'unanimité, et les accusations pleuvent. Révélation d'un système d'enrichissement personnel entre Blatter et deux ex-lieutenants, perquisition de la justice suisse, Infantino accusé par la presse de vouloir effacer des enregistrements compromettants : la Fifa est en crise perpétuelle.
« La crise est terminée », affirmait pourtant Infantino, le 13 mai, lors du congrès de la Fifa à Mexico. Il s'est un peu avancé...
Hier, la Fifa a révélé que Blatter (ex-président), Jérôme Valcke (ex-secrétaire général) et Markus Kattner (ex-secrétaire général adjoint) se sont partagé 80 millions de dollars « dans un effort coordonné d'enrichissement personnel » à travers contrats, primes, bonus et compensations, au cours des cinq dernières années. « Certains contrats contiennent des dispositions qui semblent violer le droit suisse », expose la Fifa au sujet des avenants et systèmes de bonus de ses trois anciens dirigeants. La Fédération internationale de football, basée à Zurich, a indiqué avoir livré ces informations à la justice suisse et va les partager avec la justice américaine. Jeudi, lors d'une perquisition de la justice suisse qui n'a été rendue publique qu'hier, des documents ont été saisis dans les bureaux de Kattner.
Gianni Infantino n'est pas concerné par ces derniers développements, mais il en est néanmoins affaibli. Et la presse allemande se déchaîne contre lui : le Frankfurter Allgemeine Zeitung affirme qu'il a refusé le salaire qui lui a été proposé, le jugeant insuffisant. Die Welt assure qu'il pourrait faire l'objet d'une procédure de la justice interne de la Fifa, avec une éventuelle suspension provisoire de 90 jours à la clé. Infantino aurait demandé, dans des courriels, la destruction de l'enregistrement des minutes où la question de son salaire était évoquée lors du dernier Conseil (gouvernement de la Fifa) tenu à Mexico. Toutefois, dans une mise au point, la Fifa a précisé que « l'échange de mails se référait à la destruction d'une copie des enregistrements originaux » et ne concernait « pas l'enregistrement officiel archivé. Ce fichier existe et est conservé à la Fifa ».
Dire que le nouveau président de l'instance suprême du foot n'a même pas encore atteint la barre des 100 jours de mandat...
(Source : AFP)

