Pourquoi faire des adieux ?
Le même sang change d'artères,
Les filles ont les yeux de leur mère,
et les fils le front des aïeux.
Sully Prudhomme
À la mémoire de Me Samir Anis Nasr.
Tu ne nous as pas laissé te dire adieu Samir en te retirant à petits pas de la vie, sans nous laisser douter que tu allais nous quitter si rapidement. Il fallait bien être au rang des grands hommes pour garder le sourire malgré tout, occuper jusqu'au bout sa chaise de « grand maître » (comme j'aime à t'appeler), raconter encore et toujours ces belles histoires qui laissaient transparaître ton amour des mots et ta grande culture, continuer à remplir le rôle de patriarche de ta grande famille si aimante autour de toi, occulter la maladie pour ne rien changer à tes habitudes avec tes amis, en réalité vaincre l'ultime épreuve de la vie par l'amour de la vie.
J'aurais pourtant pu te dire adieu puisque, quelques jours avant ton grand départ, nous nous retrouvions à ton bureau pour une de ces longues réunions de travail que j'appréciais tant et durant lesquelles j'avais le privilège de saisir, entre autres, ton immense expérience, ton attention méticuleuse envers tes dossiers, ta probité morale et surtout ta passion pour le droit et la loi.
Il aurait fallu que Georges puisse dire adieu au précieux compagnon que tu étais et à vos longues conversations téléphoniques qui se terminaient si souvent par des fous rires. Sinon, comment te rendre à Dieu, réaliser l'insoutenable, combler le vide immense que tu laisses ?
Mais pourquoi faire des adieux ? Avec la permission de Sully Prudhomme, je dirai à ta tendre épouse Ghada, à ta si chère Jihane, à tes dignes successeurs que sont Anis et Jad, « le même sang change d'artères, les filles ont les yeux de leur mère et les fils le front »... de leur père.
À Dieu Samir.
Thérèse IRANI HAGE
Agenda - Hommage
Pourquoi faire des adieux ?
OLJ / Par Thérèse IRANI HAGE, le 04 juin 2016 à 00h00

