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Culture

Dar el-Nimer, pour se reconnecter avec ses racines

Événement

Encore un institut culturel ? Encore un musée ? Oui, il n'y en aura jamais assez. Et c'est parce que le Liban, plaque tournante du Moyen-Orient, demeurera toujours le phare de la culture et de l'art dans cette région que Dar el-Nimer* y est né.

11/05/2016

C'est au cours d'une conférence de presse donnée dans les salles encore vides de la villa Salem – mais qui grouilleront très bientôt de vie à l'ouverture de l'institution, ce soir – que le plan de travail de Dar el-Nimer a été dévoilé hier. Dans un charmant bâtiment beyrouthin construit en 1930 par l'architecte Lucien Cavro d'après l'effet domino de Le Corbusier, rue Clemenceau, ce nouveau centre culturel comprendra un espace d'exposition, une bibliothèque, un auditorium, des bureaux ainsi qu'une terrasse-café.

Pourquoi cette initiative et pourquoi maintenant ?
Fonder cette institution est un « acte de résilience et de commémoration contre la suppression moderne de la mémoire et la distorsion de l'identité », répond Rami el-Nimer, fondateur du Dar. Originaire de Naplouse, cumulant aussi les fonctions de banquier et de collectionneur, il précise : « Nous lançons Dar el-Nimer au nom de la communauté palestinienne afin que cette fondation résonne en termes d'acte de gratitude pour le Liban, pays d'accueil, et qui continue à accueillir les peuples en conflit. Et afin que ce Liban- même, phare de la culture, ne soit pas aussi envahi par la laideur de l'ignorance. »

Champ d'action et objectifs
Dar el-Nimer parrainera la culture et les arts en respectant la diversité et l'interaction dans différents domaines. Expositions, conférences, performances théâtrales ou musicales seront au programme. Entre ces murs, seront aussi exposées des pièces de la collection el-Nimer qui ne cesse de s'étoffer depuis quarante ans et qui regroupe tant des œuvres de l'art moderne que des icônes, de précieux manuscrits anciens, des textes religieux, des peintures, des monnaies anciennes ou des photographies d'époque. C'est à partir donc de l'héritage culturel de la Palestine, aujourd'hui dépoussiéré et réanimé, que sera révélé une grande partie d'un legs de l'Orient, en voie de disparition. Les activités culturelles et artistiques de cette fondation à but non lucratif se feront en collaboration avec des instituts culturels mais surtout avec les établissements scolaires et universitaires. « Notre objectif, dit Rami el-Nimer, est d'atteindre les jeunes qui ne connaissent rien de leur héritage culturel et de les sensibiliser à cet art qui est le leur. »

Au programme ?
« Nous visons à ce que cette fondation devienne dans un futur très proche un centre de débats et d'échanges fructueux entre différentes communautés, reliées néanmoins par la même terre et la même histoire. Ces temps que nous vivons sont brutaux et nous aspirons à la tolérance qui nous reconnecterait avec nos racines », conclut le fondateur de l'institution avant de laisser la parole à Rasha Salah (directrice exécutrice) qui a donné de plus amples détails sur la programmation qui commence avec At the seams, du 25 mai au 30 juillet. « Cette exposition, qui aborde l'histoire de la broderie palestinienne, est organisée en partenariat avec le Musée palestinien qui doit ouvrir ses portes à Birzeit le 18 mai. Suivront, le 5 octobre, des performances et des installations autour du thème du retour, The return, organisé par le Qalandia international 2016 et qui se déroulera jusqu'au 5 novembre. Par ailleurs, Dar el-Nimer se fera le curateur en janvier de Midad, un voyage dans l'écriture arabe, avant la grande exposition de mai 2017 qui lèvera l'ombre sur le passé historique palestinien. »

*Dar el-Nimer, rue d'Amérique, Clemenceau.

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