L'Etat français s'est engagé à renflouer le géant public du nucléaire EDF, en très grave difficulté financière, dans le cadre d'un projet d'augmentation de capital de quatre milliards d'euros.
Le groupe français, détenu à près de 85% par l'Etat, et le gouvernement discutaient depuis des semaines pour trouver une issue à l'équation financière de l'électricien, endetté et plombé par des prix de l'électricité en berne en Europe et un mur d'investissements à venir, dont le projet de centrale nucléaire à Hinkley Point, au Royaume-Uni.
A l'issue d'un conseil d'administration de plus de quatre heures, le groupe a d'ailleurs annoncé un nouveau retard de sa décision sur ce projet évalué à 18 milliards de livres (environ 23 milliards d'euros), et financé à un tiers par le chinois CGN.
Lors de ce conseil d'administration, la direction d'EDF a toutefois validé le projet d'augmentation de capital de quatre milliards d'euros pour renflouer ses fonds propres, qu'il compte lancer d'ici le début de l'année prochaine, si les conditions en Bourse le permettent.
L'Etat mettra la main au portefeuille à hauteur de trois milliards d'euros, a indiqué le ministère des Finances, alors qu'en janvier, il s'est déjà engagé à renflouer Areva, autre pilier du secteur nucléaire français.
Pour s'assurer ce nouveau soutien financier, EDF a dû promettre une baisse de ses coûts "d'au moins un milliard d'euros" en 2019 par rapport à 2015, soit bien plus que les 700 millions d'euros en trois ans initialement prévus.
L'électricien, qui avait déjà prévu de réduire de 5% ses effectifs en France, n'évoque toutefois pas de suppressions de postes supplémentaires.
Le groupe, qui va réduire ses investissements nets, compte aussi récupérer 10 milliards d'euros en cédant des centrales thermiques (gaz, charbon, fioul) à l'étranger et des participations minoritaires.
Cette thérapie de choc doit lui permettre d'aborder plus sereinement l'avenir. Et notamment la maintenance lourde des 58 réacteurs français, évaluée à plus de 50 milliards d'euros d'ici 2025.
Il devra aussi financer le rachat, décidé par l'Etat l'an dernier, de l'activité réacteurs d'Areva, valorisée autour de 2,5 milliards d'euros.
Ces mesures sont apparues indispensables avec les polémiques et doutes soulevés depuis des mois sur la capacité du groupe à assumer tous ses investissements, et en particulier Hinkley Point, méga-projet de construction de deux réacteurs EPR.
Alors qu'une décision finale d'investissement était attendue début mai, EDF a annoncé vendredi que le comité central d'entreprise (CCE) serait consulté sur ce dossier, comme le réclamaient les syndicats.
Cette démarche "reporte la décision [concernant Hinkley Point] de plusieurs semaines", a indiqué une source proche du groupe à l'AFP.
Dimanche, le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron avait indiqué à la BBC qu'il restait du travail à "finaliser" avec EDF et Londres pour trouver un accord sur Hinkley Point.
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France : l'Etat vole au secours d'EDF
AFP / le 23 avril 2016 à 11h56


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