M. Geagea recevant MM. Bassil, et Kanaan : une réunion productive. Photo Dalati et Nohra
Une séance de travail « productive » et « fructueuse » de trois heures a réuni hier à Meerab le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, le président du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, et le secrétaire général du bloc du Changement et de la Réforme, Ibrahim Kanaan, en présence d'un membre du conseil constitutif du CPL, Nagi Hayeck, du directeur de cabinet de M. Geagea, Élie Baraghid, et du chef de la commission d'information des FL, Melhem Riachi. À l'ordre du jour, la coordination au niveau des élections municipales, a-t-on avancé dans les milieux concernés.
« Il s'agissait d'une séance de travail productive », s'est contenté d'affirmer Gebran Bassil à l'issue de la réunion, qu'il a également qualifiée de « fructueuse », alors que M. Geagea évoquait « l'ordre logique des choses, la situation ayant été anormale auparavant ».
Journée de l'étudiant
Auparavant dans la journée, M. Geagea avait présidé, à Meerab, « La Journée de l'étudiant », au cours de laquelle il avait abordé, devant une assemblée de jeunes, divers aspects de la crise que vit le pays.
Le chef des FL a attribué à « l'axe de la résistance » (l'Iran sur le plan régional et le Hezbollah au Liban) la responsabilité de la dislocation de la Syrie et de l'Irak et des « guerres sans fin » tels qu'il faudra « des décades pour reconstruire » ces pays. Sur le plan interne, M. Geagea a ironisé sur « cette principale réalisation qu'est à ses yeux « la perpétuation de la vacance présidentielle avec les conséquences qu'on lui connaît ; somnolence politique, grande dégradation économique, inquiétude sécuritaire, isolement diplomatique arabe, pas de touristes, pas de mouvement, par d'argent et de la corruption sans frontières ».
À cet « axe », M. Geagea a conseillé « le retour réel, effectif à la réédification de l'État » et de dire non à la guerre en Syrie, à l'ingérence au Yémen, aux attaques contre l'Arabie saoudite et les pays du Golfe, à l'accumulation des armes, indépendamment de l'armée. « Tout cela ne nous assurera ni stabilité, ni prospérité économique, ni protection de nos frontières, ni avenir » , a-t-il analysé.
« Réconciliation historique »
Revenant sur « la réconciliation » avec le CPL, M. Geagea n'a pas hésité à dire que « le 18 novembre 2016 était un jour historique à tous les points de vue, et de l'avis général, sauf d'une infime minorité qui a vu dans cette réconciliation « un jeu dangereux (...) et la formation d'un front confessionnel ». M. Geagea a enchaîné en soulevant le sujet des élections municipales et en encourageant les jeunes étudiants des FL à leur accorder l'attention qu'elles méritent. « Ces élections sont les vôtres par excellence, a-t-il dit. La municipalité est la partie de l'État la plus proche de vous. » « Sans une bonne municipalité, aucun village ne peut prospérer », a-t-il encore lancé.
M. Geagea a par ailleurs promis que les FL mèneront une guerre à outrance à toutes les formes de corruption, et affirmé que le socle d'une nation est son échelle de valeurs morales, sans laquelle cette nation est en voie de disparition.
La réponse du bloc populaire
Répondant hier à une remarque formulée par M. Geagea dans l'une de ses déclarations dans laquelle il avait affirmé que le Bloc populaire « ne sait pas ce qu'il veut et n'a pas établi un programme », Myriam Skaff a affirmé hier que son bloc « s'est lancé dans la bataille municipale muni d'un plan et d'une vision globale », mais que le moment de la négociation venu, les FL ont tout de suite voulu imposer leur candidat à la présidence de la municipalité, « sans manifester le moindre intérêt pour ce que le Bloc populaire avait à dire ». Tout ce qu'il nous était suggéré de faire, a-t-elle dit en substance, c'est « de réserver une place sur une liste électorale ».


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