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Agenda - Hommage

Antoine Daher, un bouquet de rêves

Le parti des honnêtes gens et des méritants a perdu l'un de ses piliers il y a quelques jours...
Antoine Daher qui était une légende cachée de ce noble parti mérite que l'on honore sa mémoire par notre modeste écrit. Il était un exemple et il est nécessaire que cet exemple soit connu par le bon peuple et particulièrement par les plus probes, les plus intègres...
Une amitié au vrai sens du terme m'a lié à lui, qui s'est poursuivie depuis soixante ans. Nous partagions nos bonheurs et nos malheurs. Chacun de nous avait vécu des jours difficiles... Il avait perdu son épouse, Dolly, morte alors qu'elle donnait le jour à son enfant, Nadim, et j'ai, moi-même, perdu ma fille Joumana lors de leur « libération de la Palestine » par l'attaque de mon appartement à Tallet el-Khayat. Chacun partageait et vivait avec l'autre sa douleur et son deuil !
Le jour de sa mort, nous avons été plongés dans une nuit éclaircie par une lumière et une lumière adoucie par des ténèbres !
J'ai retenu depuis sa mort beaucoup de mes larmes. Qu'il me soit permis de les verser par ces mots !
Il était chrétien avant la venue du Messie et il était musulman avant la venue du Prophète. Il n'avait pas d'ennemis, pas d'adversaires. Il n'avait que des amis qu'il aimait. Trois mille, quatre mille, peut-être cinq mille personnes sont venues consoler ses proches en présentant leurs condoléances. Elles avaient toutes les larmes aux yeux et ceux qui ont suivi ses obsèques ont chanté avec Feyrouz l'amour, la pureté et la foi !
Lorsque son épouse est morte à la naissance de son fils Nadim, il a bu l'élixir de la patience de Job et a continué de le boire jusqu'à ce qu'il fût guéri. Il a cru toute sa vie au travail élevé au rang d'adoration. Il travaillait jour et nuit et son travail était luisant.
Il constituait une partie du voyage des oiseaux, des bateaux, une partie de la senteur des fleurs, du pleur des pluies sur les vieux toits de Beyrouth, ce pourquoi ces éléments ont présenté leur démission collective à Dieu le jour de sa mort. Ils avaient compris qu'ils seraient au chômage !
Sa culture était simple : elle se réduisait à l'amour des gens et au désir de se faire aimer par eux. Il emportait toujours avec lui une gibecière remplie de fleurs rouges, des lunes orange, des battements de cœurs d'oiseaux qui le libèrent de la souillure de l'injure. Le discours tolérant, le pardon, le mot gentil sortaient toujours de ses lèvres, ils en faisaient plutôt partie. Il n'avait pas appris l'amitié et l'amour dans les livres mais par la pratique. La femme qu'il prenait par la main devenait une fleur de lys...
Antoine, tu as voyagé mais tu es toujours là ! Tu es dans la senteur de la terre, dans l'éclosion des fleurs, le clapotis des vagues de la mer, le bruissement des ailes des oiseaux !
À bientôt Antoine, cher Antoine, à bientôt.

Le parti des honnêtes gens et des méritants a perdu l'un de ses piliers il y a quelques jours...Antoine Daher qui était une légende cachée de ce noble parti mérite que l'on honore sa mémoire par notre modeste écrit. Il était un exemple et il est nécessaire que cet exemple soit connu par le bon peuple et particulièrement par les plus probes, les plus intègres...Une amitié au vrai sens du terme m'a lié à lui, qui s'est poursuivie depuis soixante ans. Nous partagions nos bonheurs et nos malheurs. Chacun de nous avait vécu des jours difficiles... Il avait perdu son épouse, Dolly, morte alors qu'elle donnait le jour à son enfant, Nadim, et j'ai, moi-même, perdu ma fille Joumana lors de leur « libération de la Palestine » par l'attaque de mon appartement à Tallet el-Khayat. Chacun partageait et vivait avec l'autre sa...