Peut-on viser haut sans un grand avant-centre ? L'Italie et l'Espagne, qui s'affrontent aujourd'hui en match amical à Udine, peinent à trouver un attaquant axial qui s'impose clairement et cherchent des solutions à moins de trois mois de l'Euro. Depuis la grave blessure de David Villa en 2011, qui avait acté le début du déclin du meilleur buteur de l'histoire de la Roja (59 buts), le sélectionneur espagnol Vicente del Bosque cherche toujours un avant-centre indiscutable. À l'Euro 2012, il avait trouvé provisoirement la parade en faisant jouer Cesc Fabregas en « faux n° 9 », un dispositif qui avait permis à l'Espagne de s'imposer (4-0) en finale contre l'Italie. Mais quatre ans après, à l'heure de retrouver les Italiens aujourd'hui, aucune solution durable ne s'est imposée. Pour l'Italie, cet Euro 2012 avait fait naître une immense promesse : Mario Balotelli, auteur d'un spectaculaire doublé en demi-finale contre l'Allemagne, devait être l'attaquant des Azzurri pour 10 ans. Mais « Super Mario » s'est perdu, et depuis 2012, Cesare Prandelli puis Antonio Conte se creusent la tête pour trouver le bon système ou l'attaquant idoine. La liste des attaquants retenus pour affronter les doubles champions d'Europe en titre rappelle d'ailleurs à quel point le réservoir italien en attaque est limité. Les deux titulaires présumés en pointe sont Graziano Pellè et Eder. Le premier, révélé sur le tard, joue à Southampton après quelques bonnes saisons aux Pays-Bas. Il a été sélectionné pour la première fois à 29 ans. Le second, Brésilien qui a obtenu la nationalité italienne, a écumé la série A avant de s'imposer à la Sampdoria Gênes. Son transfert cet hiver à l'Inter Milan devait concrétiser son installation au plus haut niveau, mais il n'a finalement pas marqué le moindre but en championnat.
L'option Aduriz ?
Derrière eux, la meilleure option semble Simone Zaza, certes remplaçant à la Juventus Turin, mais efficace quand il joue. Lorenzo Insigne fait une belle saison à Naples, mais ses rapports avec Conte sont difficiles. Et sur les côtés, Stephan el-Chaarawy, naufragé à Monaco puis ressuscité à l'AS Rome, ou Antonio Candreva (Lazio Rome) sont de bons joueurs, mais loin des meilleurs spécialistes européens.
Les Espagnols, eux, pourraient s'en remettre au vétéran de l'Athletic Bilbao, Aritz Aduriz (35 ans), qui ne compte pourtant qu'une sélection, en 2010 contre la Lituanie. Aduriz n'a jamais autant brillé en club (31 buts toutes compétitions confondues cette saison), tandis que l'Hispano-Brésilien Diego Costa, titulaire lors du fiasco du Mondial 2014 et absent aujourd'hui contre l'Italie, fait surtout admirer sa part d'ombre avec Chelsea. Même si Del Bosque a évoqué un incident « léger », sa tentative de morsure sur Gareth Barry face à Everton a ainsi relancé en Espagne le débat sur sa présence à l'Euro. D'autant que cet attaquant batailleur et avide de profondeur ne s'est jamais adapté au jeu de passes espagnol (10 sélections, un seul but). Aduriz, excellent joueur de tête et bon remiseur dans les petits espaces, a donc une opportunité en or de confirmer la cote élevée dont il jouit en Espagne. Mais il n'incarne pas vraiment l'avenir, et le sélectionneur pourrait aussi relancer les jeunes Alvaro Morata (23 ans, Juventus) et Paco Alcacer (22 ans, Valence). Morata « a toutes les qualités pour être notre avant-centre : force physique, capacité à jouer dans les espaces ouverts ou restreints, jeu de tête, frappe de balle », a ainsi reconnu hier Del Bosque dans La Gazzetta dello sport.
« Mais pour telle ou telle raison, il n'a pas encore trouvé la régularité nécessaire », a-t-il ajouté. Sa prestation de haut vol et son but spectaculaire lors du 8e de finale retour de Ligue des champions contre le Bayern Munich parlent tout de même pour lui, malgré l'élimination de la Juve.
(Source : AFP)

