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Des migrants victimes de "traitements dégradants" en Hongrie, selon des ONG

AFP
23/03/2016

Des organisations non-gouvernementales ont accusé mercredi la Hongrie d'infliger des "traitements dégradants" aux migrants dans les camps, gardés par des chiens et des surveillants, mis en place par le Premier ministre de droite Viktor Orban.

Ouvertement hostile à l'accueil de réfugiés, M. Orban a fait ériger des clôtures aux frontières serbe et croate et créé des "camps fermés" pour les migrants parvenant à entrer dans le pays.
"Il y a des gardes, des chiens, des cellules, des barreaux, c'est ni plus ni moins de la détention", a indiqué Gabor Gyulai, un porte-parole de l'ONG Comité d'Helsinki qui veille au respect des droits de l'homme, lors de la présentation mercredi à Budapest d'un rapport réalisé avec la Cordelia Foundation, qui vient en aide aux demandeurs d'asile et réfugiés dans ce pays.

Ces conditions d'accueil sont d'autant plus éprouvantes qu'elles touchent des personnes qui ont souvent déjà été victimes de violences, voire de tortures, souligne ce rapport intitulé "De la torture à la détention", fruit de 18 mois d'enquête en Hongrie, de juillet 2014 à janvier 2016.
Les conditions de vie dans ces camps, ajoutées au manque de suivi psychologique, font revivre à de nombreux migrants les traumatismes qu'ils ont subis, estiment les ONG.

"Être enfermé ici me rappelle en permanence les expériences que j'ai subies. J'ai des flashbacks en permanence, j'ai du mal à dormir, j'ai des cauchemars", témoigne dans le rapport un homme qui raconte avoir été détenu et torturé par un groupe armé dans son pays.
Pour Marta Pardavi, vice-présidente du Comité d'Helskini, "des personnes qui ont déjà été traumatisées ne devraient pas être soumises à des traitements dégradants ici, mais obtenir la protection qu'elles méritent et non un traumatisme supplémentaire".
Or selon M. Gyulai, "la détention des demandeurs d'asile (...) relève d'une politique appliquée de façon massive et depuis longtemps en Hongrie, un des rares pays de l'Union européenne à agir ainsi".
Ces conditions contreviennent aux règles européennes, qui imposent aux pays membres d'accorder une protection particulière aux victimes de tortures, soulignent les auteurs.

Mais "la Hongrie ne semble pas vouloir respecter les règles européennes", estime M. Gyulai. En revanche "faire des demandeurs d'asile des boucs émissaires contribue à montrer aux électeurs et au reste du monde que c'est le pays le plus dur, et la souffrance humaine de compte pas".
De 2013 à 2015, plus de 9.000 demandeurs d'asile ont été "détenus" dans des conditions contestables en Hongrie, selon les ONG, qui estiment qu'environ 440 personnes se trouvaient dans de tels camps au 1er février.

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