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Culture

Quand deux violoncelles font vibrer les pierres de Mar Sassine

Festival al-Bustan

Hier soir, le duo Giovanni Sollima et Monika Leskovar a chuchoté, murmuré, s'est agité, puis calmé, au cours d'un récital haut en couleurs, dans la douce atmosphère de l'église de Beit-Méry.

11/03/2016

Giovanni Sollima est né à Palerme, dans une famille de musiciens. Il a étudié le violoncelle avec Giovanni Perriera et Antonio Janigro, et la composition avec son père Eliodoro Sollima et Milko Kelemen. Très jeune, il a collaboré avec de grands musiciens tels que Claudio Abbado, Giuseppe Sinopoli, Riccardo Muti et Yo-Yo Ma. Mais il a contribué aussi musicalement à des œuvres cinématographiques, chorégraphiques ou théâtrales. Aujourd'hui, Sollima est curieux de tout et explore toutes les possibilités de son instrument de prédilection, le violoncelle de Francesco Ruggeri (Crémone, 1679), sans craindre de le « contaminer » avec les connotations des genres jazzy ou électroniques. C'est en toute aise qu'il se balade également entre les sites officiels et les endroits alternatifs. En 2008, avec la violoncelliste croate Monika Leskovar et le Kaleidoscope Solistenensemble de Berlin, il enregistre chez Sony l'album We Were Trees.
C'est précisément avec Monika Leskovar qu'il a présenté hier soir, au public du Festival al-Bustan, un récital en deux parties. Si la première était plutôt conventionnelle, sans surprise, avec au programme trois compositions différentes – l'une de Marin Marais, la seconde de Clause Debussy (un très beau Prélude à l'après-midi d'un faune) et la troisième un énergique morceau de Vinko Jelic –, la seconde partie allait littéralement surprendre l'assistance.
Après une pause de quinze minutes, le tandem reprend avec les compositions de Giovanni Sollima. Et voilà que le compositeur ouvre sa riche palette et étale ses harmonies flamboyantes. Portant son violoncelle, le musicien se baladera entre les allées de l'église Mar Sassine de Beit-Méry tandis que Monika Leskovar l'accompagne du fond de l'autel. Les sonorités circulent, voyagent, s'envolent sous ces murs divins. The Wood, Madre, Figlio, Natura, Frida's Dream et d'autres morceaux encore où le musicien fait preuve d'autant de créativité que d'humour. Ses gestes, ses facéties, tout en finesse, témoignent du désir de cet artiste de faire sortir son violoncelle des sentiers battus.

Prochains spectacles

– Le 13 mars à 16h et à 20h30, à l'auditorium Émile Bustani, le State Youth Orchestra of Armenia (SYOA), sous la baguette de Serguey Smbatyan, reprend des grands classiques de Disney et Pixar : Madagascar, Mulan, la Belle et la Bête, Toy Story, Aladin, Anastasia... L'occasion de réécouter ces airs devenues cultes, joués en direct par un orchestre symphonique. Il s'agit là de la troisième participation du SYOA au Festival al-Bustan. Le jeune orchestre national d'Arménie a été créé en 2005 par Sergey Smbatyan qui en est aussi le directeur artistique et chef d'orchestre. C'est la maturité de ces musiciens jeunes et talentueux, leur diligence et leur dévotion à l'art qui les conduit vers la scène et les prix internationaux. En 2008, par décision du gouvernement de la République d'Arménie, en récompense à leur professionnalisme et à leur contribution à la musique contemporaine, l'orchestre est sacré « Orchestre national ».
– Le 14 mars, à 20h30, à l'auditorium Émile Bustani, Shakespeare en arabe.
Des morceaux choisis de la littérature shakespearienne, en arabe. Avec Mireille Maalouf et Rifaat Torbey sur une idée originale de Jalal Khoury.
Après des études à l'USJ, Jalal Maalouf a rejoint la troupe de Mounir Abou Debs où elle a été tour à tour Antigone, Jocaste, Lady Macbeth, Gertrude et Maria Lebiadkin. Après avoir pris part au film Beyrouth ya Beyrouth de Maroun Baghdadi, elle a intégré en 1974 la troupe de Peter Brook à Paris. De retour à Beyrouth dans les années 80, elle figure dans de nombreuses productions télévisées et théâtrales, dont celle de Shérif Kheznadar, où elle joue Julia Domna, rôle pour lequel elle a reçu le prix de la meilleure actrice au Festival du Caire en l'an 2000. De retour à Paris en 2009, elle joue notamment dans la Bérénice de Lambert Wilson. Rifaat Torbey a également entamé sa carrière d'acteur aux côtés de Mounir Abou Debs. Il a côtoyé Jalal Khoury, Berge Fazlian, Raymond Gebara, Gerard Avedissian, Antoine Kerbage, Caracalla, Latifé et Antoine Moultaka...
Au menu de la soirée, des extraits de Roméo et Juliette, Macbeth, Hamlet, Richard III, La tempête, La Comédie des erreurs, Songe d'une nuit d'été, The Scottish Play, All the World's a Stage...

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