Moins que 100 jours nous séparent désormais du championnat d’Europe des nations qui se jouera pour la première fois avec 24 pays participants.
Sur le plan sécuritaire, les attentats qui ont endeuillé la France en janvier et surtout novembre 2015 ont fait du tournoi un événement à haut risque, où la sécurité des délégations sportives et des supporteurs devrait impliquer un dispositif policier de grande envergure.
En politique, une épopée des Bleus à domicile pourrait faire les affaires du président François Hollande et du gouvernement de Manuel Valls. Ceux-ci ont forcément le souvenir de la Coupe du monde 1998 remportée à domicile, qui avait dopé les sondages de leurs prédécesseurs Jacques Chirac et Lionel Jospin.
Côté sportif, la principale question qui se pose chez les Bleus tourne autour de Benzema. L'équipe de France jouera-t-elle avec lui ? Après l'assouplissement de son contrôle judiciaire dans l'affaire du chantage à la sex-tape exercé sur Mathieu Valbuena, « un premier pas » selon le sélectionneur Didier Deschamps, c'est au président de la fédération (FFF), Noël Le Graët, de se prononcer sur l'éventuelle éligibilité de l'avant-centre n° 1. Benzema ne pourra pas revenir de toute façon pour les deux matches amicaux de mars (les 25 et 29 contre Pays-Bas et Russie), car il est blessé et pourrait être indisponible jusqu'à trois semaines.
La question se pose aussi pour Valbuena. « Cette affaire-là l'a conditionné psychologiquement et a altéré forcément ses performances avec Lyon, mais ça reste un joueur de haut niveau », a noté Deschamps. Qui lorgne sur un autre Lyonnais, Nabil Fekir, en contact régulier avec le sélectionneur et qui s'est fixé le 9 avril pour revenir sur les terrains après sa grave blessure au genou en septembre.
Et les autres ?
D'autres sélections de premier plan connaissent doutes et blessures, avec l'incertitude d'une remise en forme à temps.
L'Angleterre au premier chef : son capitaine et leader d'attaque, Wayne Rooney, est forfait jusqu'à la mi-avril (genou).
Du côté de l'Allemagne, c'est derrière que ça coince : le patron de la défense, Jérôme Boateng, ne redeviendra disponible qu'à partir de fin avril (adducteurs). D'autre part, et depuis la retraite internationale de Miroslav Klose, les champions du monde ont aussi un problème d'avant-centre. Joachim Löw a rappelé Mario Gomez, peu convaincant, et a alterné avec des joueurs offensifs aux profils de « faux 9 », comme Thomas Müller et Mario Götze.
Problème semblable en Espagne :
Diego Costa ne s'est jamais vraiment imposé à la pointe de la Roja, pas plus que les anciens (Soldado, Negredo) ou les jeunes (Alcacer, Morata). Et dans les buts, Vicente Del Bosque conservera-t-il sa confiance à Iker Casillas, capitaine des doubles champions d'Europe en titre, mais à l'aura pâlie ?
L'Italie aussi connaît un problème de buteur. Mario Balotelli, un des hommes marquants de l'Euro 2012 (doublé décisif contre l'Allemagne en demi-finale), a disparu des radars, au profit des méconnus Graziano Pellè, Simone Zaza et surtout Eder, actuel meilleur buteur italien en série A avec 12 buts... Antonio Conte pourra peaufiner ses réglages lors d'une séquence très relevée fin mars, avec l'Espagne et l'Allemagne au menu.
Enfin, la Belgique, n° 1 au classement Fifa, est attendue de pied ferme. Mais avec quel Eden Hazard ? Le génial milieu offensif connaît une saison médiocre (3 buts et 6 passes décisives seulement en 34 matches disputés avec Chelsea).
(Source : AFP)

