David Rudisha aux JO de Londres en 2012. Après son titre olympique sur 800 m, il avait été surnommé « la fierté de l’Afrique ». Photo AFP
David Rudisha a oublié les tracas de deux saisons rendues difficiles par une blessure à un genou : le Kényan a retrouvé toute sa sérénité avec son sacre mondial l'an passé à Pékin et il s'estime capable de conserver son titre olympique du 800 m en août à Rio. Un doublé olympique ancrerait un peu plus le détenteur du record du monde du 800 m (1' 40'' 91) dans la légende de l'athlétisme. Seuls trois athlètes l'ont réussi : le Britannique Douglas Lowe (1924 et 1928), l'Américain Mal Whitfield (1948 et 1952), ainsi que le Néo-Zélandais Peter Snell (1960 et 1964).
Comme chaque hiver, Rudisha (27 ans) revient à Iten, en surplomb de la vallée du Rift dans l'ouest du Kenya, à quelques centaines de kilomètres de Kilgoris, sa ville natale en terre masaï, pour préparer la saison à venir sous l'œil avisé du frère Colm O'Connell, l'homme qui l'a découvert et façonné. Sur le terrain d'entraînement de la Saint Patrick High School, une simple pelouse irrégulière et aux contours mal dessinés, le coureur au style si fluide et gracieux n'est qu'un élément parmi les autres dans la poignée d'athlètes présents, pour la plupart sortis des rangs de l'école. Celui qui a été surnommé « la fierté de l'Afrique », après son titre olympique à Londres en 2012, promène là son ample foulée pour effectuer son travail foncier, avant d'aller sur une vraie piste pour se livrer à un entraînement spécifique.
Rudisha, également champion du monde en 2011, avait subi le contrecoup de sa victoire à Londres, dans l'une des courses les plus relevées de l'histoire, avec une sérieuse blessure à un genou, qui l'avait empêché de participer aux Mondiaux 2013. Tout au long de la saison 2014, il avait été à la peine, ayant du mal à retrouver son finish. Mais à Pékin, l'an passé, il a montré toute sa science de la course, s'imposant à l'issue d'un 800 m parfaitement géré tactiquement. « Jusqu'ici, tout va bien. Mon corps répond bien, explique-t-il. Ce problème (au genou) a été difficile à surmonter, physiquement et mentalement. Mais gagner l'an passé aux Mondiaux est un bon indicateur que je suis revenu. » « Parfois, c'est un peu difficile et éprouvant à l'entraînement, parce que je sens encore parfois cette douleur tenace, ajoute-t-il. Mais c'est juste une question d'équilibre, de faire les choses justes, d'écouter son corps et de s'entraîner correctement. »
Pas de raccourcis vers le succès
Pour son entraîneur aussi, Rudisha avait besoin de ce sacre mondial pour se prouver qu'il était revenu au top. « 2015 a été une année importante pour lui, parce que la victoire à Pékin l'a replacé parmi les meilleurs coureurs de 800 m », estime le frère Colm. « Je ne pense pas qu'il ait douté parce qu'il avait eu des blessures avant, ajoute-t-il. Il pensait que ce n'était qu'une question de temps, d'être patient. Il ne craignait pas que sa carrière soit finie. Mais, en son absence, des athlètes ont émergé et ont fait valoir leurs prétentions. »
Parmi les principaux adversaires de Rudisha pour le titre olympique, on trouve le Botswanais Nijel Amos, qui l'a battu plusieurs fois l'an passé en Ligue de diamant, l'Éthiopien Mohammad Aman et le Bosnien Amel Tuka. Mais le Kényan est confiant en ses chances de réussir le doublé. « Ce serait une énorme performance, juge-t-il. C'est ce que je vise. Je sais que ça va être difficile, tout le monde veut ce titre. Mais nous allons faire de notre mieux. »
Dans cette optique, Rudisha ne devrait courir cette année que « de bonnes courses, des courses de qualité, toutes disputées avec un objectif précis, pour apprendre quelque chose sur sa forme et ses progrès en vue de Rio », souligne son entraîneur.
Dans l'immédiat, Rudisha est ravi de pouvoir servir de modèle à ses jeunes partenaires d'entraînement. « Ils voient qu'il n'y a pas de raccourcis vers le succès, dit-il. Vous devez juste travailler dur, faire ce qu'on attend de vous, et, si vous êtes talentueux, vous ferez une bonne carrière. » Et, à l'attention de ceux qui pourraient être tentés par le dopage, il ajoute : « Courir est une passion, quelque chose qui vient du cœur. Si vous respectez les autres, je ne pense pas que vous devriez chercher à leur prendre leur place. »
(Source : AFP)
Accusé de corruption, le directeur de la fédération kényane démissionne
Le directeur général de la Fédération kényane d'athlétisme (AK), accusé par deux athlètes kényanes de leur avoir demandé un pot-de-vin en 2015 en échange d'une réduction de leur suspension pour dopage, a décidé de quitter son poste le temps de l'enquête. Isaac Mwangi a fait cette annonce hier dans une lettre envoyée à la fédération, tout en réaffirmant que les accusations portées à son encontre étaient « sans fondement ». Mwangi cessera d'occuper ses fonctions pendant les trois semaines que devrait durer l'enquête, menée par l'AK. Le président de la fédération kényane, Jackson Tuwei, a indiqué qu'elle débuterait le 22 février. Isaac Mwangi est accusé par Francisca Koki Manunga (400 m haies) et Joyce Zakari (400 m).
Une banque russe menace de porter plainte contre l'AMA pour diffamation
La banque publique russe VTB a menacé hier de poursuivre en justice pour diffamation l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui l'accuse dans un rapport publié en janvier d'avoir conclu un contrat de sponsoring frauduleux avec la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF). VTB, deuxième groupe bancaire russe, a indiqué avoir envoyé une requête officielle à l'AMA lui demandant « de revenir publiquement sur ces propos qui ternissent la réputation de la banque ». Le porte-parole de la banque a ajouté qu'une action en justice sera engagée devant la justice suisse, si l'AMA ne revient pas sur ses propos dans les 21 jours. L'AMA a publié en novembre un rapport explosif dénonçant le « dopage organisé » dans l'athlétisme russe.

