Avec « 1989 », Taylor Swift est devenue la première femme à remporter deux Grammys du meilleur album, après « Fearless » en 2010. Photo AFP
Taylor Swift est devenue, lundi dans la nuit, la première femme à remporter deux Grammys du meilleur album, mais c'est Kendrick Lamar, son rival et ami, qui a donné la performance la plus incendiaire de la soirée et empoché cinq prix. Le producteur anglais Mark Ronson et le chanteur Bruno Mars ont, quant à eux, été sacrés meilleur enregistrement de l'année grâce à leur tube planétaire endiablé Uptown Funk.
Taylor Swift a remporté le prix le plus prestigieux des Grammy Awards pour 1989, référence à son année de naissance, après l'avoir déjà emporté en 2010 pour Fearless. « En tant que première femme à gagner le prix de l'album de l'année aux Grammys deux fois, je veux dire aux jeunes femmes que vous rencontrerez beaucoup de gens qui tenteront de minimiser votre succès », a-t-elle déclaré. Se posant en inspiration féministe, elle les appelle à « continuer à travailler » et à ne laisser personne voler leurs victoires. 1989, collection de tubes entêtants comme Blank Space, Shake It Off ou Bad Blood, servis par des vidéos léchées, évoque jeux amoureux, rencontres sans lendemain et relations qui s'enveniment.
Mark Ronson, qui remporte le deuxième prix le plus prisé de la soirée avec le chanteur Bruno Mars, a expliqué qu'Uptown Funk est né lors d'une improvisation en studio. « Bruno a sorti cette phrase, Michelle Pfeiffer in her white gold', et on s'est dit : Tiens, c'est pas mal », a ajouté le Britannique, qui a aussi gagné le trophée du meilleur duo pop.
Temps forts
Autre grand gagnant de la soirée avec cinq Grammys, dont le meilleur album rap, Kendrick Lamar a enflammé le Staples Center de Los Angeles avec une performance viscérale. Dans un décor de prison, avec un faux œil au beurre noir, il était entouré de danseurs qui brisent menottes et entraves et se lancent dans une chorégraphie évoquant les violences contre les Noirs aux États-Unis. Le rappeur de 28 ans a enchaîné sur Alright, titre devenu l'hymne non officiel du mouvement protestataire Black Lives Matter, cette fois au milieu d'un ensemble chorégraphique de danse africaine, devant un gigantesque brasier. Son album To Pimp a Butterfly, qui mêle textes personnels sur les relations raciales, rap et expérimentations jazz, a été encensé par la critique, mais les Grammys les plus prestigieux lui ont échappé.
L'hommage de Lady Gaga au dieu du rock David Bowie, décédé le mois dernier, fut un autre temps fort de la soirée. Avec des cheveux orange, un maquillage coloré et des effets lumineux sur son visage et sa combinaison blanche, elle a chanté Let's Dance et Rebel, Rebel, entre autres. Quant à Johnny Depp, il a enfilé sa guitare pour un hommage à un autre défunt, Lemmy du groupe de hard rock Motörhead, aux côtés d'Alice Cooper. Quant à Stevie Wonder, il a conquis le public en menant a cappella une performance en mémoire de feu Maurice White, d'Earth Wind and Fire.
Tandis que les plus gros prix ont consacré des artistes très commerciaux, le site de streaming Spotify, accusé de ne pas assez rémunérer les artistes, a été critiqué lors de la soirée. « Cela pourrait vous surprendre d'apprendre que quand vous écoutez une chanson en flux (streaming), tous les gens qui ont créé collectivement la chanson récoltent une petite fraction d'un centime. Est-ce qu'une chanson ne vaut pas plus ? »
a interrogé le rappeur Common. Interrogée sur le même thème, la chanteuse du groupe Alabama Shakes, lauréat de trois Grammys en rock et musique alternative, a abondé en son sens : « Pourquoi ne serait-on pas payé pour quelque chose sur lequel on a travaillé dur ? »
Rihanna lâchée par sa voix
Parmi les autres vainqueurs de la nuit, l'auteur-compositeur britannique Ed Sheeran a remporté le Grammy de la chanson de l'année pour Thinking Out Loud. Meghan Trainor a été sacrée révélation de l'année et Lionel Richie a vu sa carrière saluée.
Grande absente de la cérémonie, la superstar du R&B Rihanna s'est fait porter pâle au dernier moment. Alors qu'elle devait interpréter Kiss it Better de son tout nouvel album Anti, Rihanna a dû annuler après avis de son médecin, qui a déclaré qu'elle risquait « une hémorragie de ses cordes vocales ». La chanteuse, qui vient de sortir son premier album depuis 2012, avait pourtant participé aux répétitions.
(Source : AFP)


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