La présentation du programme Mentor a eu lieu lors d’une cérémonie à l’Université Saint-Joseph. Photo USJ
Trente-quatre ONG libanaises ont reçu hier leur certificat de participation au programme Mentor organisé par l'Université Saint-Joseph, le Catholic Relief Services et le Middle East Partnership Initiative, lors d'une cérémonie organisée au campus des sciences humaines de l'USJ. Appuyé par l'ambassade des États-Unis, ce programme lancé en 2012 visait à offrir une formation professionnelle aux ONG débutantes, afin d'optimiser leur travail sur le terrain.
Avec quelque 12 000 organisations non gouvernementales réparties sur son territoire, le Liban est probablement une des nations où la société civile est la plus présente par rapport à la superficie totale du pays. Malgré ce nombre élevé, la demande est grandissante pour des associations compétentes qui pallient souvent à l'incapacité de l'État à assurer les besoins basiques des citoyens, surtout dans les régions éloignées de la capitale. Mais gérer une ONG n'est pas chose facile et les associations débutantes ou naissantes ont besoin d'être encadrées afin de pouvoir être efficaces. « Le programme Mentor s'est donné pour mission de renforcer les capacités managériales et financières des 34 ONG participantes, explique Hilda Bairamian, directrice du programme à l'USJ. Nous avons organisé quelque 21 ateliers et sessions de formation et aidé les ONG à développer leurs contacts et leur réseau. Elles ont même bénéficié de petits dons qui leur ont permis de mettre 11 projets en place. »
Des besoins qui diffèrent selon les régions
Une lueur d'espoir face à la déliquescence de l'État qui abandonne les populations les plus vulnérables à leur sort, à savoir, entre autres, les jeunes, les femmes ou les travailleurs exploités. Sans oublier les questions reliées à l'environnement et la nature, malmenés depuis des décennies et asphyxiés par la crise récente des déchets. Autant de problématiques sur lesquelles les ONG soutenues par Mentor se penchent, dans la mesure du possible.
« Les besoins sont multiples et diffèrent selon les régions. Chaque ONG tente de remplir le vide laissé par l'État et de répondre aux demandes de la communauté dans laquelle elle se trouve », explique Basma Abdel Khalek, directrice des opérations de l'ONG Global Forum for Religions and Humanity. Cette association, spécialisée dans le dialogue interreligieux et interculturel, est basée dans le Chouf mais étend ses projets à l'ensemble du Liban.
« Le programme Mentor nous a formés sur la façon de mettre en place nos projets et de les présenter aux municipalités. Nous avons donc lancé un projet pilote pour les enseignants, afin de leur permettre d'accompagner des élèves de communautés et d'origines différentes. Le but était de promouvoir le respect de la diversité et de la dignité humaine dans les écoles. » Ce projet a mobilisé 25 enseignants des classes secondaires dans des écoles publiques et privées situées sur l'ensemble du territoire libanais.
Unité pour plus d'efficacité
Parmi les organisations qui ont participé au programme Mentor, l'ONG Nawaya qui propose un programme d'accompagnement des jeunes issus des milieux défavorisés dans le choix de leur orientation professionnelle. On retrouve également l'association Ershad of Legal and Social Association, qui se propose d'aider les salariés libanais à connaître leurs droits et leur offre même des consultations juridiques gratuites. Le mouvement écologique libanais, qui regroupe un grand nombre d'organisations de lutte pour l'environnement, a également pris part aux formations de Mentor.
Face au nombre croissant d'ONG et à la diversité des domaines couverts, force est de se demander si ces organisations arrivent à répondre de manière appropriée aux besoins sur le terrain. Rares sont les études qui ont été menées au Liban afin de déterminer, de manière officielle, les besoins à couvrir par la société civile sur l'ensemble du pays. « Il n'y a malheureusement pas de stratégie unifiée pour la société civile au Liban. Chacun essaie de remplir le vide comme il peut, déplore Basma Abdel Khalek. Nous sommes toutefois en train de mener une réflexion stratégique avec l'ambassade des États-Unis afin de définir les besoins sur le terrain et les projets qui pourraient y répondre », indique-t-elle.
À noter que les ONG qui ont participé au programme Mentor prévoient de se regrouper dans le cadre d'une organisation plus large, ce qui leur permettrait d'agrandir leurs bases de contacts et de faciliter la coopération entre elles. Une initiative louable qui leur permettra peut-être de prendre la relève face à un État débordé et paralysé par les multiples crises qu'il traverse.
---
Les ONG qui ont participé au programme Mentor
À Positive Way, al-Hanan, al-Irtika' bil Aata, Beltezim, Centre for Democracy, Development and Governance, Chabibeh Sporting, Committee of Employee Women Union Akkar, Ershad of Legal and Social Association (ELS), Global Forum for Religions and Humanity, Jupiter for Tourism, Kalimat, Koloob min noor, Lamsat ward, Lebanese Centre for Active Citizenship, Lebanese Active Youth, Lebanese Developers, Lebanon Love, Lebanon Eco Movement, Marsa, Min...Ila, Nabad for Development, Nusroto, Phenix Group Home, Sept, Shajar w Bashar, Smile Together, Success and Happiness, The Nawaya Network, Together for a Safe Childhood, Volunteers without Borders, Women Empowerment Support Association in Kfeir, Asdika' al-madrassa al-rasmiya, Koudourat, One Wig Stand.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine