Walid Joumblatt accueillant l’ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, accompagné de son conseiller de presse, Jean-Christophe Augé.
L'ancien Premier ministre, Saad Hariri, le Hezbollah et le chef du PSP, Walid Joumblatt, ont tous trois fermement condamné l'attentat terroriste qui a visé hier la ville d'Istanbul, en relevant le caractère transfrontalier des attaques terroristes. Mais si MM. Hariri et Joumblatt se sont contentés de condamner cet acte odieux qui a fait une dizaine de morts, le parti de Hassan Nasrallah en a profité pour faire passer plusieurs messages politiques.
Pour lutter contre le terrorisme, le Hezbollah a ainsi jugé « nécessaire d'accorder une attention particulière à ses sources de financement, afin de les tarir ». Dans son communiqué, il a insisté sur le fait qu' « il n'est pas possible de combattre le terrorisme en provoquant des crises secondaires qui fragmentent les efforts fournis et favorisent un développement de ce fléau ou en dénonçant ceux qui le combattent en Syrie ». « Ceux qui doivent être dénoncés sont ceux qui le soutiennent, qui le financent et qui l'alimentent intellectuellement, politiquement, financièrement et militairement. Ce sont eux qui doivent assumer la responsabilité entière, directe ou indirecte, de toutes formes de terrorisme », a encore affirmé le Hezbollah, en allusion à ses adversaires politiques.
M. Hariri s'est pour sa part attardé sur « la menace que le terrorisme fait peser sur tous les États et toutes les sociétés sans exception ». « Ce fléau est devenu aujourd'hui, plus que jamais, une menace sérieuse pour la sécurité de tous les peuples, leur stabilité et leur progrès », a-t-il commenté dans un communiqué publié par son bureau de presse.
Après avoir relevé que « le crime odieux et tragique qui a visé une zone sûre à Istanbul et coûté la vie à de nombreux innocents s'ajoute à une longue liste d'attaques terroristes », le chef du courant du Futur a jugé « impératif que la communauté internationale se mobilise pour établir une feuille de route devant permettre non seulement de lutter contre ces crimes et d'en poursuivre les auteurs mais, surtout, d'en éliminer les causes ».
Pour M. Joumblatt, l'attentat d'Istanbul « confirme encore une fois que le terrorisme ne reconnaît pas les frontières géographiques et n'établit pas de distinction entre les civils ou les régions, son seul souci étant de causer, sans relâche, le maximum de destructions et de morts ».
Après avoir exprimé sa solidarité avec le gouvernement et le peuple turcs, il a encouragé ce dernier à « renforcer son unité face aux défis et aux difficultés accrus dans la région ».
En soirée, M. Joumblatt a reçu à Clémenceau l'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, pour un entretien qui a été axé sur l'actualité politique locale et notamment le dossier de la présidentielle.


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