C'est dans le crépuscule de 2015 qu'a émergé une nouvelle entité, Faraday Future, qui promet de changer notre vision de l'automobile. Empruntant son nom à Michael Faraday, qui a découvert l'induction électromagnétique, cette jeune compagnie, voulant qu'on l'appelle « FF », promet bien des choses, dont apporter une nouvelle approche à l'industrie. Pas tant nouvelle que plutôt adaptée d'une autre industrie, celle des smartphones.
Au cœur des rues de Los Angeles, les spéculations sur une compagnie secrète courent depuis octobre 2015. Pourtant, établie depuis près de 2 ans, FF a grandi à un rythme exponentiel, doublant de volume tous les 2 à 3 mois, s'associant à de grands noms de l'industrie automobile et dérobant aux grands constructeurs leurs plus brillants employés (exécutifs, ingénieurs, designers...). Pour pouvoir attirer les compétences de personnes comme les designers de Lamborghini et BMW et les ingénieurs de Tesla, les quatre fondateurs de cette compagnie, jusque-là sans PDG confirmé, doivent cacher derrière eux la boîte de Pandore.
Faraday Future serait donc une start-up unique en son genre, mais une start-up malgré tout. C'est-à-dire qu'il doit exister un ou des investisseurs qui soutiennent ce projet à l'envergure planétaire. Qui d'autre que les Chinois pour indirectement pénétrer un marché toujours sensible après la crise ? Plus particulièrement une certaine LeTV, qui fait à la fois office de YouTube, Apple, Amazon et eBay, tout cela sous une seule ombrelle. La compagnie chinoise a débloqué à FF un milliard de dollars, moins que leur revenu annuel, afin, entre autres, de construire un espace de fabrication dans le nord de Las Vegas.
C'est au Salon de l'électronique grand public CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas, la semaine dernière, que le concept FFZERO1 a été dévoilé, éclipsant toutes les rumeurs qui planaient autour de la supercompagnie. Au menu : 1 000 chevaux, 4 moteurs électriques (1 par roue), 1 seul siège, 330 km/h, 500 km d'autonomie, 6 écrans dans une voiture qui... ne va jamais exister. La FFZERO1 n'est qu'un échauffement pour FF, mais emploie une de leurs armes secrètes : la plateforme modulaire.
Cette plateforme est, comme son nom l'indique, très flexible. Tellement flexible qu'elle sera unique pour tous les segments possibles de Faraday, qu'ils soient compacts, hauts, longs... Telle est la nouveauté de ce produit. Cela veut dire que tout achat d'une voiture n'est pas final. Il y aura toujours l'option de rajouter une ou des batteries en plus, des moteurs en plus et des additions technologiques qui vont plus loin qu'une simple mise à jour du programme. Mais la tendance ne s'arrête pas là : FF vendra ces voitures bon marché vu que le gros de son revenu se fera grâce aux multiples services qu'elle offrira ensuite, location ponctuelle, service chauffeurs autonomes...
Ce que nous attendons tous de ce genre d'aventure est une cavalcade de nouvelles technologies qui nous feront tourner la tête. FF promet bien des nouveautés high-tech et une meilleur fenêtre que son concurrent direct Tesla. Les écrans seront certes un peu plus petits mais plus abondants, reposant même sur le volant du conducteur. La compagnie californienne affiche déjà des batteries plus efficaces et durables ainsi qu'une configuration encore plus flexible façon « mix and match », où le consommateur (parce qu'on passe de client à consommateur) pourra construire sa propre voiture comme avec des Lego.
Voilà tout ce qui est connu de ces nouveaux acteurs du monde à 4 roues. Pour l'instant, l'homme qui représente l'image de cette compagnie face à la presse, VRP de la R&D Nick Sampson, reste vague sur toutes les promesses mais prévoit la venue d'un concept prêt pour la production en 2017. D'ici là, seul le futur proche nous dévoilera leur véritable destin. En tout cas, Faraday Future a marqué son entrée sur le territoire des carnivores et n'est pas près de se contenter que des restes.

