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Pierre Boulez, grande figure musicale du XXe siècle, n’est plus

Le compositeur et chef d'orchestre français est décédé à l'âge de 90 ans.

Chef d’orchestre génial, Pierre Boulez dirigeait sans baguette, mais avait codifié précisément ses gestes. Rolf Haid/DPA/AFP

Le compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez, figure majeure de la musique contemporaine connue et célébrée dans le monde entier, est décédé mardi soir à 90 ans à Baden-Baden, en Allemagne, où il habitait.
Pierre Boulez jouissait à l'étranger d'une aura encore plus grande qu'en France où, depuis son « exil » volontaire en Allemagne il y a plus d'un demi-siècle, il souffrait d'une réputation de dogmatisme et d'aridité contrastant avec sa courtoisie et sa facilité d'accès. Il était considéré comme l'un des plus grands musiciens de son temps pour son œuvre avant-gardiste, souvent déroutante et difficile d'accès par sa complexité. Également épris de poésie et de peinture, il restera comme une des grandes figures intellectuelles de la seconde moitié du XXe siècle.
« Pierre Boulez a fait briller la musique française dans le monde. Comme compositeur et chef d'orchestre, il a toujours voulu penser son époque », a déclaré le président François Hollande. « Il ressentait avec sa tête et pensait avec son cœur », a réagi le chef d'orchestre israélo-argentin Daniel Barenboïm, regrettant la perte d'« un esprit créatif admirable et un ami proche ». « Il a été un des plus grands compositeurs du XXe siècle et je pense que des œuvres comme Répons ou Le Marteau sans maître resteront à jamais dans l'histoire de la musique », a estimé le directeur de l'Opéra de Paris, Stéphane Lissner.
« C'est la personnalité musicale de la seconde moitié du XXe siècle qui laissera la trace la plus importante », a abondé Laurent Bayle, président de la Philharmonie de Paris, un projet initié par Boulez. Il a presque été « un demi-dieu » pour nous, la « jeune génération », a renchéri Michael Haefliger, intendant du Festival de Lucerne (Suisse), où Boulez avait fondé en 2003 une académie fréquentée chaque année par 130 étudiants du monde entier.

Sans baguette
Chef d'orchestre génial, Pierre Boulez dirigeait sans baguette, mais avait codifié précisément ses gestes. Presque aveugle, il ne pouvait plus diriger depuis plusieurs années, mais les Parisiens se souviennent des concerts gratuits qu'il a dirigés jusqu'en 2011 sous la pyramide du Louvre, pour un public captivé.
L'œil vif mais la démarche hésitante, il était venu à Paris en 2013 pour la parution de l'intégrale de son œuvre chez Deutsche Grammophon, qu'il considérait comme « une bouteille à la mer », « un travail en progression ». Refusant de figer une œuvre qu'il retravaillait constamment, Pierre Boulez avait lancé avec son franc-parler habituel : « Je ne veux pas être une tapisserie historique qu'on déplie aux anniversaires. » Ses prises de position tranchées (« Il faut brûler les maisons d'opéra ») lui ont valu une réputation de dogmatisme que réfutent ceux qui l'ont bien connu, comme Stéphane Lissner et Laurent Bayle.
Né le 26 mars 1925 à Montbrison, extrêmement secret sur son enfance, Pierre Boulez fait ses études au Conservatoire de Paris, où il a été l'élève d'Olivier Messiaen. Initié à la technique dodécaphonique (composition sur les 12 sons de la gamme), il développe une musique héritée du sérialisme (construction en séries) de la Seconde école de Vienne (Schönberg et Webern notamment), remarquablement écrite et parcimonieuse. Son catalogue comprend une trentaine d'œuvres, qui magnifient les possibilités de transformation du son, en temps réel, par l'électronique.

(Source : AFP)

Le compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez, figure majeure de la musique contemporaine connue et célébrée dans le monde entier, est décédé mardi soir à 90 ans à Baden-Baden, en Allemagne, où il habitait.Pierre Boulez jouissait à l'étranger d'une aura encore plus grande qu'en France où, depuis son « exil » volontaire en Allemagne il y a plus d'un demi-siècle, il souffrait d'une réputation de dogmatisme et d'aridité contrastant avec sa courtoisie et sa facilité d'accès. Il était considéré comme l'un des plus grands musiciens de son temps pour son œuvre avant-gardiste, souvent déroutante et difficile d'accès par sa complexité. Également épris de poésie et de peinture, il restera comme une des grandes figures intellectuelles de la seconde moitié du XXe siècle.« Pierre Boulez a fait briller...
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