Kamel Mehanna a appelé les sociétés occidentales à réagir au nom de la dignité humaine.
Dans le cadre de sa participation à un congrès au Maroc sur « l'émigration et le flot des réfugiés à l'ombre des bouleversements dans la région arabe », le Dr Kamel Mehanna, président fondateur de l'association Amel, a insisté sur les conséquences de l'afflux de réfugiés syriens sur les sociétés d'accueil, sur le plan économique, éducatif et social. Kamel Mehanna a ainsi longuement développé la situation au Liban, ce pays accueillant plus d'un million et demi de réfugiés syriens dont 70 % vivent en dessous du seuil de pauvreté. La situation de ces réfugiés est d'autant plus grave que les aides internationales sont en train de baisser considérablement, alors que le Liban est incapable de subvenir à leurs besoins. Le Dr Mehanna a rappelé que, lors du sommet du Koweït en mars 2015, le secrétaire général de l'Onu avait réclamé 8 milliards 400 millions de dollars d'aides pour les réfugiés. Mais la somme décidée finalement n'a pas dépassé les 3 milliards et demi, dont seulement 45 % ont déjà été versés. De ces 45 %, seuls 74 millions de dollars ont été remis au Liban, alors que la Turquie, elle, vient d'obtenir 3 milliards de dollars. Le reste est l'avenant, notamment au sujet des aides matérielles... Kamel Mehanna a insisté sur la nécessité de trouver rapidement une solution politique au dossier syrien pour éviter une catastrophe humanitaire qui resterait sur la conscience des pays occidentaux, lesquels sont menacés par la montée des courants extrémistes. Mehanna a expliqué l'action et l'objectif de Amel qui se consacre à aider les plus démunis sans distinction politique, confessionnelle ou ethnique, essayant de rendre sa dignité à l'homme d'où qu'il vienne.

