Aucun acte d'accusation n'a été émis hier à l'encontre de l'ancien député Hassan Yacoub et de ses trois gardes du corps, auteurs présumés du rapt de Hannibal Kadhafi. Ce dernier, l'un des fils de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, avait été enlevé il y a deux semaines par un groupe armé inconnu dans la Békaa avant d'être libéré par la police quelques heures plus tard. Il a été aussitôt arrêté, soit le 20 décembre, et mis en examen pour avoir dissimulé des informations sur la disparition, en 1978, de l'ancien président du Conseil supérieur chiite, l'imam Moussa Sadr, en Libye.
Un mandat d'arrêt a été lancé par ailleurs le 21 décembre à l'encontre de l'ancien député Hassan Yaacoub, qui a été entendu le même jour au Palais de justice de Baabda par le premier juge d'instruction, Jean Ferneini. La branche des renseignements des Forces de sécurité intérieure avait achevé deux jours plus tôt son enquête et M. Yaacoub avait été déféré devant le parquet de Baabda. Le dossier avait ensuite été transféré au premier juge d'instruction.
Hassan Yaacoub avait été placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le rapt de Hannibal Kadhafi. Ses avocats ont déposé hier une demande de libération dont a été informée l'avocate de M. Kadhafi, Bouchra el-Khalil.
Des partisans de M. Yaacoub se sont rassemblé hier devant le Palais de justice de Baabda pour réclamer sa libération immédiate. Les protestataires se sont ensuite dirigés vers la prison de Roumieh, en guise de solidarité avec le prévenu. Commentant les derniers développements, le frère de l'ancien député, Ali Yaacoub, a estimé que « chaque jour de retard dans ce dossier vide est une preuve que M. Yaacoub est un prévenu politique par excellence ». Et de poursuivre : « Ils misent sur le temps pour qu'on finisse par oublier l'affaire de l'imam Moussa Sadr, de cheikh Mohammad Yaacoub et du journaliste Abbas Badreddine (les deux derniers ont disparu en Libye avec l'imam Sadr, NDLR) ». « Le retard mis pour trancher ce dossier est nocif non seulement pour la cause nationale qu'il représente, mais également pour la communauté chiite. C'est une honte », a-t-il dit.
Ali Yacoub a assuré qu'après quatre décennies, cette affaire n'a toujours pas été oubliée. « Le plus jeune d'entre nous et les générations à venir resteront vigilants », a-t-il promis, avant de préciser que la famille Yaacoub a demandé aux clans de patienter avant de passer à des mesures d'escalade, « car nous espérons encore une action rapide pour clore ce dossier injuste ».
Liban - Rapt De Hannibal Kadhafi
Ali Yaacoub appelle son clan à la patience, pour le moment
OLJ / le 25 décembre 2015 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine