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Culture - Cimaises

Où sont les fleurs et les arbres de notre pays ?

Huiles et aquarelles, tantôt verdoyantes, tantôt fleuries, sont accrochées à la galerie Aïda Cherfan*. Elles sont l'œuvre de Jocelyn Campbell, qui peint en rêvant de ce pays où elle a, jadis, vécu.

Broummana, ou la pinède qui existera encore un jour?

Elle devait être présente à ce vernissage, sorte de consécration pour le Liban qu'elle considère comme son second pays, mais à cause d'un malaise, Jocelyn Campbell, octogénaire établie depuis quelques décennies en Angleterre, n'a pu faire le voyage. Ses huiles et aquarelles sont pourtant là, accrochées à la galerie Aïda Cherfan pour témoigner de son amour pour le pays du Cèdre.

Entre deux rives
Qui est Jocelyn Campbell et qu'est-ce qui l'a amenée à raconter la nature libanaise ? Née dans une famille d'artistes – son grand-père maternel, Eugène Burnand, étant un peintre suisse de renom –, Jocelyn Campbell ne pouvait échapper à son destin. Après des études de peinture et de céramique, elle enseigne dans des écoles pour enfants en Écosse avant de suivre son mari au Liban, devenu directeur de la High School de Broummana. Là, elle tombe amoureuse d'un pays qu'elle adoptera pleinement.

Peintre botaniste ou simple amoureuse de la nature ?
Plus que quiconque, cette artiste, qui a vécu de longues années à Broummana, est à même de parler de la nature libanaise. De ses balades en forêt avec ses amis, de son œil attendri devant toutes les fleurs qui disparaîtront un jour, l'artiste donne le témoignage vivant dans une nature riche et abondante. Enregistrant et compilant, elle croque non seulement arbres, fleurs, monts et vaux jusqu'au moindre détail, mais capte également la lumière. Elle dira elle-même : « Je ne suis pas une peintre botaniste, mais une amoureuse de la nature. »

Des toiles refuge
Ses huiles et aquarelles sont des jardins d'où jaillissent la lumière et l'amour d'un pays évanescent. La touche de Campbell y est classique, voire passéiste, mais en promenant son regard sur ces régions ombragées ou nimbées de soleil, en sillonnant le pays du nord au sud, en passant par le Metn et le reste du Mont-Liban, le visiteur semble retrouver ses repères. Les émotions y sont lovées, discrètes, sans aucune ostentation, et le silence qui règne sur ses toiles a une douce saveur d'apaisement.

*Place d'Antélias, ouverte du lundi au vendredi de 10h à 18h et les samedis de 10h à 15h.

 

 

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