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Culture - Exposition

Des taches, des pastilles et du vernis de couleurs...

À la galerie Alice Mogabgab, « la jeunesse prend la relève » avec une artiste franco-belge qui (re)met,
à travers ses œuvres, des couleurs à la vie.

« Color Suicide », sérigraphies de portraits d’artistes aux têtes remplacées par les taches de couleurs.

On pourrait la délivrer sur ordonnance, la peinture de Léopoldine Roux, tant la fraîcheur et la pétulance de sa palette diffusent instantanément une atmosphère joyeuse. En ces temps de terrorisme noir, ses toiles intarissablement recouvertes de milliers de cercles peints aux couleurs confettis ont le pouvoir de dérider le dernier des neurasthéniques.

Si le rose barbe à papa, le vert guimauve ou encore le jaune citron sont les tonalités fétiches de cette artiste trentenaire, son art n'est pas naïf et enfantin mais penche plutôt vers le conceptuel. « En fait, à partir d'un motif élémentaire qui est la tache, Léopoldine Roux poursuit un vrai travail de plasticienne sur la peinture, qu'elle traite en tant que sujet à part entière. Et non plus comme un médium, vecteur d'images ou d'émotions », indique la galeriste Alice Mogabgab. Cette tache de couleur, qu'elle a définitivement choisie comme élément structurel de toutes ses œuvres, la jeune artiste la décline du simple point à la coulée, en passant par les cercles de différentes tailles dans des compositions et sur des supports aussi différents qu'une toile, une vidéo-performance ou une installation.
Étonnant comme ces motifs en pastilles colorées, qui reviennent chez elle en leitmotiv des milliers de fois, façonnent des œuvres à chaque fois différentes. Et toujours pleines de fantaisie et de liberté.
Car sa peinture sort souvent du cadre de la toile ou du papier pour se poser, en taches géantes, sur les rebords des bâtiments de Bruxelles, où cette Française est installée depuis une dizaine d'années.
Tout comme elle déborde aussi du pot de laque pour carrosserie, pour devenir (mélangée à la mousse polyuréthane) une sculpture de coulée (de couleur). Et qu'elle s'évade de la bouteille de... vernis à ongles pour retoucher, par pointillés minuscules et multicolores, des fragments de cartes postales anciennes héritées de ses grands-parents collectionneurs.

Bref, «Y'a de la joie» (comme dirait Charles Trenet) dans cette exposition, à juste titre intitulée « Pink Escape » (Échappée rose). Et qui est divisée en quatre séries d'œuvres réalisées au cours de ces deux dernières années.
À savoir : Bubble Paintings qui jouent les bulles ou pastilles euphorisantes sur toiles ; Color Suicide qui sont des sérigraphies de photos d'artistes (Yves Klein, Gainsbourg, Ellsworth Kelly ou Vasarely, entre autres) dont elle a remplacé la tête par des taches de couleurs ; Postcards (les cartes postales colorisées au vernis à ongles) et Promenades (peintures pointillistes que l'artiste a élaborées sur des toiles préalablement peintes et abandonnées par des artistes dans les salons et les expositions que Léopoldine a récupérées pour leur redonner une nouvelle vie).
À découvrir jusqu'au 15 janvier 2016.

Achrafieh, face ABC, 1er étage au-dessus de Noura. Horaires d'ouverture : du lundi au vendredi de 10h00 à 19h00 et samedi de 10h00 à 13h00. Tél. : 01/204984.


Carte de visite

Léopoldine Roux, née en France en 1979, vit et travaille à Bruxelles. Diplômée de l'École supérieure des beaux-arts de Rennes avec félicitations du jury en 2002, puis de l'École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre avec grande distinction en 2003, elle est aujourd'hui professeure à l'Académie des beaux-arts Saint-Gilles à Bruxelles. Elle a reçu cette année le prix Emma de Cayla-Martin de l'Académie royale des arts de Belgique.

 

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