De vagues, de montagne et de vent...
1. Pour découvrir le nouveau thème que Fadia Haddad, connue notamment pour ses masques et ses oiseaux, a choisi de traiter dans cette exposition. À travers une série de paysages abstraits, puissamment évocateurs d'un entrelacement de ciel, mer et montagne, l'artiste libanaise, installée en France depuis plusieurs décennies, revient picturalement vers sa terre natale. « Ce Liban qui appartient à mon passé lointain et que ma mémoire a presque complètement effacé, j'ai besoin de l'exprimer seulement à travers la force des éléments premiers avant que l'homme ne soit présent. Peut-être pour retrouver son origine avec les profondeurs et les épaississements de ses horizons », confiait-elle, en 2014, à Ileana Cornea, auteure du texte de présentation de cet accrochage.
2. Pour se laisser porter/ emporter/ transporter par le souffle puissamment envoûtant qui balaie la vingtaine de paysages monochromes accrochés aux cimaises. Entrer dans la plénitude de ce noir et blanc d'un Liban originel, aux infinies déclinaisons de tonalités cendrées et lactées, peignant une vision « intérieure, d'énergie et d'élévation ». Retrouver une terre que le chaos, les gens, les conflits et les armes n'ont pas encore marquée de leurs empreintes. Un pays immémorial et fantasmé, mélange de commencement géologique, de rythme fluide et de souffle aérien... Car il y a quelque chose de fascinant et de méditatif, de vigoureux et de vaporeux, d'éloquent et de silencieux, d'indiciblement émouvant en somme qui se dégage de cette série d'acryliques et pigments sur toile (de moyen format) d'un suprême épurement.
3. Pour découvrir enfin, si ce n'est déjà fait, le travail d'une des artistes libanaises les plus douées de sa génération (elle est née en 1959) qui a développé au cours des années, sur des toiles directement posées à même le sol, une gestualité hautement maîtrisée. Celle-ci, inspirée des forces primaires alliées à une économie des formes et des couleurs, donne aux compositions de Fadia Haddad un rythme intuitif et un souffle spirituel aussi mystérieux que puissant.
« Très peu de gens savent peindre de la sorte », affirme Saleh Barakat, le galeriste d'Agial qui expose ses Landscapes jusqu'au 28 novembre.
*Hamra, 63, rue Abdel Aziz. Horaires d'ouverture : du lundi au vendredi, de 10h à 18h, et le samedi jusqu'à 13h. Tél. : 01-345213.

