La reine Elizabeth II et son petit-fils le prince Harry ont reçu au palais de Buckingham près de 400 joueurs, sélectionneurs, volontaires et arbitres du Mondial 2015 de rugby. Le trophée Webb-Ellis, qui sera décerné au vainqueur, tenait une place de choix à la réception, mis en évidence sur un socle. Anthony Devlin/Pool/AFP
L'Australie aborde les quarts de finale de la Coupe du monde de rugby galvanisée par des performances majuscules lors de la première phase, au contraire de la France plombée par sa lourde défaite dimanche face à l'Irlande. Radioscopie des 8 qualifiés :
Afrique du Sud vs pays de Galles
Humiliés, bafoués par le Japon, vainqueur (34-32) le 19 septembre, les Springboks ont réagi en bête blessée, en revenant aux fondamentaux. Le sélectionneur Heyneke Meyer l'avait expliqué : « Le rugby est un sport simple » et doit être pratiqué par des Springboks nécessairement « brutaux ». Fini les arabesques : les doubles champions du monde ont marché sur tout ce qui bouge. Les Samoans (46-6), les Écossais (34-16) et les États-Unis (64-0) peuvent en témoigner ; ces antilopes-là sont voraces.
En double supériorité numérique pendant 7 minutes samedi face aux Australiens, les Gallois ont sûrement laissé passer leur chance d'atteindre les demi-finales. Au lieu des Écossais, ils retrouveront les Springboks. Pas épargnés par le sort et les blessures depuis début septembre, les hommes de Warren Gatland ont une semaine pour panser leurs plaies et retrouver le moral et les forces, qui leur avaient permis de terrasser les Anglais il y a deux semaines.
Nouvelle-Zélande vs France
Quatre matches, quatre victoires : au plan comptable, le parcours des champions du monde en titre est parfait. Pourtant, tout ne semble pas parfait dans l'exigeant monde des All Blacks. Certes, ils ont passé une ribambelle d'essais à leurs adversaires, faisant étalage de puissance et de précision, mais ils ont souvent mis un peu de temps pour en prendre la mesure. Auront-ils perdu le rythme ? Autres inquiétudes, l'état de forme de cadres vieillissants et une mêlée bancale. Reste enfin le facteur psychologique au moment de retrouver le XV de France, huit ans après l'élimination en quarts de finale du Mondial 2007. Séchée par l'Irlande (24-9) dimanche, après trois victoires face à des nations mineures, la France est plus que jamais en quête de certitudes. Même sa conquête a été bousculée, c'est dire ! Elle va retrouver en quarts son meilleur ennemi en Coupe du monde, les All Blacks, qu'elle a battus en 1999 (43-31, demi-finale) et 2007 (20-18, quart de finale), mais face auquel elle a aussi perdu deux finales, en 1987 (29-9) et 2011 (8-7). Les Bleus devront retrouver cette part d'irrationnel qui leur a permis d'instiller le doute aux All Blacks et de déjouer tous les pronostics sur un exploit.
Irlande vs Argentine
Le XV du Trèfle a terminé en tête de sa poule en proposant l'un des rugbys les plus précis et programmés de la compétition : un jeu au pied de pression, d'occupation et face aux poteaux millimétré, une touche souveraine et une organisation sans faille autour des rucks. Bref, rien de très spectaculaire, mais parfaitement réglé par le maître tacticien Joe Schmidt. Problème : des joueurs-clés du système Schmidt, blessés, pourraient manquer le quart de finale. Ajoutez-y la possible suspension du troisième ligne Sean O'Brien pour un mauvais geste dimanche, et cela pourrait faire beaucoup face aux Pumas. D'autant que le XV du Trèfle possède un banc peu profond.
Tout se déroule comme prévu pour les Pumas. Deuxièmes de leur poule, ils ont rivalisé avec les All Blacks lors du premier match (défaite 26-16), avant de faire du petit bois de leurs adversaires suivants (Géorgie, Tonga, Namibie). Les choses sérieuses commencent pour les hommes de Daniel Hourcade face à l'Irlande, un adversaire face auquel ils restent sur cinq défaites. Les Pumas sauront alors si l'apprentissage mené depuis trois ans dans le Four Nations, aux côtés des Sud-Africains, Néo-Zélandais et Australiens, est payant. Avec un pack puissant et des arrières alliant technicité et vitesse, tout est possible.
Australie vs Écosse
Reçus 4 sur 4 dans la « poule de la mort » avec une démonstration de force face aux Anglais, puis de courage face aux Gallois, les Wallabies possèdent tous les ingrédients pour viser haut, que ce soit défensivement, offensivement ou en conquête (rucks, mêlée). S'ils ne manquent pas d'humilité en quart, les hommes de Michael Cheika ne feront qu'une bouchée de l'Écosse, la plus faible nation sur le papier du top 8 final. Et derrière, leur demi-finale sera elle aussi très abordable face aux Irlandais.
Le XV du Chardon n'a jamais réussi à réaliser 80 minutes de haut niveau. Incapables de s'adapter aux différents défis proposés par les Sud-Africains ou Américains (défi physique) et les Japonais ou Samoans (attaque à tous crins), les Écossais ont systématiquement souffert le martyre en première période. Mais une fois recadrés dans les vestiaires par le capitaine Greig Laidlaw et le sélectionneur Vern Cotter, les Calédoniens ont démontré de très belles choses. Reste à savoir si l'Australie leur laissera les premières 40 minutes pour prendre leurs marques.
(Source : AFP)
Afrique du Sud vs pays de GallesHumiliés, bafoués par le Japon, vainqueur (34-32) le 19 septembre, les Springboks ont réagi en bête blessée, en revenant aux fondamentaux. Le sélectionneur Heyneke Meyer l'avait expliqué : « Le rugby est un sport simple » et doit être pratiqué par des Springboks nécessairement « brutaux ». Fini les arabesques : les doubles champions du monde ont marché sur tout ce qui bouge. Les Samoans (46-6), les Écossais (34-16) et les États-Unis (64-0) peuvent en témoigner ; ces antilopes-là sont voraces.En double supériorité numérique...

