Les tenants et les aboutissants ainsi que la portée et la dimension du mouvement civil de contestation dont le pays est le théâtre depuis un peu plus d'un mois ont fait l'objet de deux débats informels entre des étudiants de l'Institut des sciences politiques de l'Université Saint-Joseph et des acteurs de la société civile.
Le premier de ces débats, ayant pour thème « Pourquoi ils puent ? », s'est déroulé avec Karim Bitar, directeur de recherches à l'Institut des relations internationales et des stratégies, et Charbel Nahas, ancien ministre du Travail, qui ont animé un vif débat qui a été marqué par une diversité des opinions exprimées. Karim Bitar a notamment souligné dans ce cadre que le mouvement actuel de contestation au niveau populaire s'exprime en quelque sorte, dans une perspective historique, « dans le prolongement de précédentes tentatives manquées qui remontent aux années 60 et 70 » du siècle dernier. M. Bitar a relevé dans ce contexte que l'hebdomadaire Times Magazine a désigné en 2011 la foule anonyme comme « l'homme de l'année », en hommage aux acteurs du printemps arabe, cette foule ayant effectivement pour but de faire « chuter les dictateurs du monde arabe ».
De son côté, l'ancien ministre Charbel Nahas a abordé le sujet du point de vue d'un nécessaire engagement militant, appelant à agir, « à descendre dans la rue pour participer aux manifestations, non pas dans le but d'instaurer l'anarchie mais de restaurer plutôt la légitimité de l'État, pour condamner ceux qui marchent encore la tête haute et pourtant ne servent que leurs propres intérêts ». L'ancien ministre a estimé sur ce plan que la crise des déchets a constitué « l'étincelle qui a ravivé en nous la flamme de la résistance ». M. Nahas a prôné à cet égard la tenue d'élections législatives, la consultation populaire constituant, selon lui, « un moyen pour restaurer cette légitimité qu'a perdue l'État ».
Un second débat a été par la suite organisé dans le cadre du cours d'actualité du professeur Pascal Monin, avec la participation de Karim Bitar et de Michel Touma. M. Bitar devait notamment souligner que les changements dans l'histoire ont souvent été marqués par des différences d'approche entre un courant réformateur qui fait preuve de pragmatisme et de réalisme, et des courants révolutionnaires qui voulaient, au contraire, provoquer le changement de façon brutale, voire même violente.
Pour sa part, Michel Touma a souligné que la condition sine qua non pour que le mouvement civil qui se manifeste actuellement dans le pays aboutisse aux résultats escomptés, au niveau de la crise des déchets et des services publics, est qu'il soit non partisan, qu'il adopte les modes d'action de la non-violence, et qu'il se tienne à l'écart de tous les calculs politiciens ou des projets politiques et ambitions personnelles, quelle que soit leur nature ou dimension.
Liban
Deux rencontres-débats à l’USJ sur le mouvement civil
OLJ / le 07 octobre 2015 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
"Pour sa part, Michel Touma a souligné que la condition sine qua non pour que le mouvement civil qui se manifeste dans le pays aboutisse aux résultats escomptés est qu'il adopte les modes d'action de la non-violence, et qu'il se tienne à l'écart de tous les calculs politiciens quelle que soit leur nature ou dimension." ! Comme l'a déjà expérimenté le 14 Mars depuis une dizaine d'années, yâ harâm ?!
06 h 36, le 07 octobre 2015